Bruxelles Pour lutter contre le trafic de stupéfiants à Ribaucourt, tout rassemblement sera interdit. Les acteurs de terrain n’y croient pas.

"On n’a pas été mis au courant de cette mesure. Vous venez de me l’apprendre! Je pense qu’une telle interdiction ne servira pas à grand-chose, juste à déplacer quelque temps le problème ailleurs", explique Christopher Collin, dont l’ASBL Dune s’occupent chaque semaine d’un certain nombre de toxicomanes dans le quartier Ribaucourt, alors que la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) a annoncé, jeudi, dans La Capitale, une prochaine interdiction de rassemblement dans le quartier afin de lutter contre le trafic de drogue et ses nuisances.

Dans une ordonnance de police qui entrera en vigueur le lundi 21 novembre, la libérale a décidé d’interdire, jusqu’au mardi 28 février, tout rassemblement de plus de trois personnes dans le périmètre autour de la station de métro Ribaucourt. La zone concernée se trouve entre le canal et le boulevard du Jubilé, la rue de Mexico, la rue du Chœur, la rue de l’Espérance, le premier tiers de la rue Piers, la rue Adolphe Lavallée et le début des rues Jennart et Mommaerts. "Toute personne qui enfreint les dispositions de la présente ordonnance sera punie d’une amende administrative (SAC) de maximum 350€", lit-on dans l’ordonnance.

"Mon discours est celui du soignant, et j’imagine que la bourgmestre a de bonnes raisons, mais cette mesure m’inquiète. Les toxicomanes iront un peu plus loin, sans contrôle", explique Christopher Collin, dont l’association se trouve à l’initiative du Médibus, un poste médical ambulant installé deux fois par semaine dans le quartier. "Cela ne fera que déplacer le problème, mais la bourgmestre a au moins le courage de faire quelque chose", indique, pour sa part, Julien Fanelli, de l’ASBL Transit.

Du côté de la zone de police Bruxelles-Ouest, on se veut rassurant: la mesure ne visera que les attroupements avec dealers et consommateurs. "Les consignes sont strictes. Les policiers ne vont évidemment pas embêter un groupe de jeunes rentrant de l’école ou une famille. Il s’agit de dissuader un groupe de personnes bien précis. Ils sont environ une vingtaine", indique Johan Berckmans, porte-parole de la zone. Voilà des années que le quartier est confronté à des problèmes de toxicomanie.


Françoise Schepmans (MR) bourgmestre de Molenbeek

"C’est pour lutter contre le trafic de drogue et rien d’autre. Il y a différentes associations qui font un très bon travail au niveau de la prévention, mais il s’agit ici d’un acte de répression visant les petits dealers. Cela fait des années qu’il y a un important problème à Ribaucourt. De nombreux habitants et de travailleurs du quartier se plaignent de nuisances."