Bruxelles Un rassemblement s’est tenu ce lundi au café Le Coq, forcé de fermer ses portes le 31 décembre prochain.

Cela fait maintenant plusieurs mois que Bostanci Vasken, gérant du café Le Coq, situé sur la place Fernand Cocq à Ixelles, a appris la terrible nouvelle : son établissement devra fermer ses portes le 31 décembre prochain après sept années d’existence. En effet, le propriétaire des lieux, le brasseur AB Inbev, a averti l’exploitant qu’il ne renouvellerait pas son bail.

Une décision qui révolte autant le gérant que ses clients. En l’espace d’à peine trois semaines, la pétition lancée sur Internet par des habitués de l’établissement a déjà recueilli près de 4.000 signatures. Pour montrer leur soutien à Bostanci, une partie d’entre eux s’étaient réunis sur place ce lundi soir. "C’est un vieux bar de Bruxelles qu’on a envie de garder car il est différent, proche des gens. AB Inbev menace à court terme le gagne-pain de deux familles. Il y a également un ras-le-bol général de certaines personnes par rapport à des situations similaires dans d’autres cafés", explique Thomas, membre du comité de soutien.

Comme en témoignent les nombreuses marques de soutien, l’établissement bénéficiait pourtant d’une clientèle régulière. Pas de quoi donc alerter AB Inbev. Aujourd’hui encore, les raisons du refus de renouvellement de bail n’ont pas été communiquées à l’exploitant. "On nous a dit qu’un quatrième renouvellement du bail n’était pas permis par la loi. On a donc demandé un nouveau bail et celui-ci nous a été refusé. Finalement, AB Inbev nous a demandé de faire des changements sur notre carte, en mettant leurs bières en avant, ce que nous avons fait. Ils nous ont dit que c’était bien, puis on n’a plus jamais eu de nouvelles", explique Bostanci, qui regrette le manque de considération de la part des propriétaires.

"Peu importe le projet qu’ils prévoient d’implanter, tout ce qu’on demande, c’est qu’ils nous en parlent et qu’ils nous considèrent. Nous aurions voulu que tout le monde se mette autour de la table pour qu’on puisse se défendre mais il n’y a eu aucune discussion. On a juste eu droit à un merci, au revoir et ça fait mal", déplore le gérant.

Ne pouvant pas forcer AB Inbev à créer un nouveau bail, Bostanci se retrouve au pied du mur. "On est vraiment ému par toute cette mobilisation. On ne s’attendait pas à avoir autant de marques de soutien mais malheureusement, il n’y a plus d’autres solutions possibles", conclut le patron. Du côté d’AB Inbev, on projette d’ouvrir un nouvel établissement "au concept attrayant" (voir ci-contre).

Le futur projet ne convainc pas

Selon AB Inbev, à l’origine du refus de renouvellement du bail, une évaluation a été réalisée en fin de bail. "Dans ce cas-ci, il a été décidé de ne pas accorder un nouveau bail au gérant actuel", précise le porte-parole de la société, Stein Falk, sans toutefois donner plus d’explications. "Nous sommes convaincus qu’un nouveau concept nous permettra d’apporter une contribution supérieure à ce quartier. L’avenir horeca de la place Fernand Cocq est assuré", ajoute-t-il.

Bien que l’attractivité du café Le Coq ne soit plus à prouver, AB Inbev assure que "les exploitants qui ne rénovent pas, n’agrandissent pas ou ne réinventent pas leur établissement régulièrement éprouvent des difficultés. Les personnes qui fréquentent un café aujourd’hui cherchent quelque chose de plus".

Des explications qui sont loin de convaincre les habitués de l’établissement. "Je suis dubitatif sur ce projet futur car l’établissement ici comportait une clientèle très mixte et les gérants ici prenaient leur temps. Ils n’étaient pas seulement là faire pour faire du chiffre", avance Thomas, du comité de soutien.