Bruxelles Le lieu était devenu une véritable institution pour la scène jazz bruxelloise.

Véritable institution du paysage musical bruxellois, le bar le Chat-Pitre est sur le point de renoncer à l’activité qui a fait sa renommée. Connu pour ses jams du jeudi, qui sont devenues au fil des années un point de rassemblement immanquable pour la scène jazz bruxelloise, ce bar du quartier ixellois bien connu du Châtelain vient de renoncer officiellement à l’organisation de ces fameuses jams.

En cause ? Des plaintes récurrentes provenant du voisinage. "Cette fois, je pense que c’est vraiment fini, ça devient intenable ! Je dois demander une autorisation plusieurs jours à l’avance pour chaque concert que j’organise et la plupart finissent par être refusés, parfois le jour même", explique-t-il.

Le tenancier déplore également le manque de soutien de la part de la commune. "C’est un lieu qui a une véritable vocation artistique, les jams sont importantes pour les musiciens qui veulent se rencontrer et jouer ensemble. Ce lieu a donné naissance à plusieurs groupes, mais la commune s’en fout. L’échevin de la Culture n’est jamais venu dans mon établissement", dénonce-t-il.

Le tenancier se dit épuisé par ces annulations à répétition et par les lourdes démarches administratives qu’il doit effectuer avant chaque concert. "Je n’en peux plus. Le bar va continuer à exister, mais sans les concerts, c’est vraiment triste pour les musiciens."

Il y a dix ans déjà, la tenue de ces célèbres jams avait été menacée pour les mêmes raisons. Une forte mobilisation avait heureusement accordé un peu de répit à Robert Petitjean. Aujourd’hui, il se montre nettement plus pessimiste. "Je pense que les pétitions ne servent à rien, il n’y a rien à faire à part convaincre le commissaire et la bourgmestre", regrette-t-il.

Suite à l’annonce de la fin des concerts et des jams, de nombreux musiciens ont tenu à manifester leur tristesse. "Ce rendez-vous était devenu un rassemblement régulier pour nous, musiciens de jazz de différentes générations. Je tiens à remercier Robert pour son soutien, sa gentillesse et son dévouement, qui est de plus en plus rare, envers cette forme de musique", a déclaré Jordi Grognard, saxophoniste habitué du lieu.

L’année 2017 est une année noire pour les musiciens de jazz. Plusieurs lieux de rassemblement connus tels que le Bravo, rue Dansaert ou encore le Crab Club, à Saint-Gilles ont également stoppé les concerts et les jams.