Bruxelles Le député bruxellois a encore dérapé hier. Puis s’est excusé. Les libéraux veulent des sanctions.

Le député bruxellois PS Jamal Ikazban s’est encore fait remarquer ce jeudi matin sur les réseaux sociaux. Alors qu’il participait à une manifestation en soutien aux victimes palestiniennes tuées le jour de l’inauguration de l’ambassade d’Israël à Jérusalem avant-hier mardi à la gare Centrale, l’élu socialiste a fait le signe de ralliement des Frères musulmans. Puis a posté l’image sur les réseaux sociaux. Scandalisés, de nombreux libéraux sont montés au front, d’autres élus de confession juive ont également condamné le geste du Molenbeekois.

Entendu de façon informelle par les instances de la fédération bruxelloise du Parti socialiste, Jamal Ikazban - que nous avons tenté de joindre sans succès - a ensuite retiré la photo polémique puis a posté un message d’excuses, affirmant au passage qu’il ne partageait aucunement les positions des Frères musulmans. "Ce mardi 14 mai, j’ai participé à un rassemblement devant la gare Centrale pour dénoncer le massacre de 55 civils à Gaza par l’armée israélienne, dont plusieurs enfants. À l’occasion de ce rassemblement, sur quelques photos on me voit arborer un symbole de la main. À certains moments, durant le rassemblement, ce fut un poing levé, à d’autres un ‘V’ et enfin, et c’est l’objet d’une polémique, ‘quatre doigts’", explique l’élu.

"Dans mon esprit et je veux être formel, il n’y a jamais eu autre chose qu’une volonté d’exprimer la colère et la résistance légitimes d’un peuple face à l’oppression. Or, ce dernier signe est attribué à la confrérie des Frères musulmans qui en a fait un instrument identitaire de propagande." "Je veux être limpide : je n’ai aucun lien avec cette confrérie et je n’en partage aucunement les positions. Au contraire, je condamne toutes formes d’extrémismes, en ce compris celle portée par ce mouvement. Toute ma vie j’ai combattu toutes les formes d’extrémismes et cela ne changera pas. Toutefois, si ce signe a pu heurter certains, je tiens à m’en excuser. À l’avenir, pour exprimer ma solidarité avec la résistance des peuples opprimés, je n’utiliserai que le point levé ou le ‘V’ de victoire."

Au sein du PS bruxellois, on assure que Jamal Ikazban est conscient d’avoir fait preuve de légèreté. Le PS assure aussi qu’il a fait ce geste par ignorance… L’argument est plus que difficile à croire au regard de ses sorties médiatiques et initiatives prises dans le passé. En 1999, il signe une pétition demandant le retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. C’est d’ailleurs en sa qualité d’échevin des Sports de la commune de Molenbeek que le socialiste signe la pétition, au nom du Comité d’aide aux enfants palestiniens. Bonjour le mélange des genres…

Jamal Ikazban a aussi dérapé lorsqu’il a traité, via Twitter, l’expert en terrorisme affilié à RTL-TVI Claude Moniquet "d’ordure sioniste". Il a également pas mal twitté quelques jours après les attentats perpétrés par Mohamed Merah : "Le tueur de Toulouse abattu par plusieurs balles dans le dos : on préférait ne pas savoir ? Pourquoi ?" ou encore "Dans cette affaire on nous cache des éléments et nous détourne des vraies questions […]" ou, enfin, dans un autre Tweet : "Merah était-il un informateur de la police ou des services secrets français ?"

Mais encore… Deux ans plus tôt, il était pris en photo, tout sourire, lors de la manifestation du 31 mai 2010 devant le ministère des Affaires étrangères au milieu de drapeaux du Hezbollah, une organisation dont l’aile militaire se trouve elle aussi sur la liste de l’Union européenne des organisations terroristes. Certes, sur la photo, on y voit aussi l’échevine bruxelloise Karine Lalieux (PS) et aucun des deux n’est responsable du type de drapeaux brandis lors d’une manifestation.

Certes, l’élu a déjà pris des positions particulièrement progressistes, loin des idées propagées par les Frères musulmans. Récemment, il gazouillait que l’IVG était un droit pas une infraction tandis que cinq jours plus tard, il condamnait toutes les formes de racisme et de rejet de l’autre sans aucune réserve […] "Lutter contre le racisme est un combat indivisible, il est impératif de garder une crédibilité dans ce combat et de lutter avec la même énergie contre l’islamophobie, l’antisémitisme, la xénophobie, la négrophobie, la christianophobie, etc.", déclarait-il.

Mais oser arguer que Jamal Ikazban ne connaissait pas la signification de son geste mardi dernier n’est tout simplement pas crédible. Alors, un bon conseil en cette période de campagne électorale où, plus que jamais, la parole doit être d’or : Jamal Ikazban, fermez-la et occupez-vous des Molenbeekois !