Bruxelles Un braquage et plusieurs tentatives ont eu lieu ces dernières semaines à l’avenue De Greef.

Un commerçant de la place Arthur Van Gehuchten, à Jette, a été victime d’une attaque peu après l’ouverture de son magasin il y a deux semaines. Un événement qui a choqué dans le quartier mais qui n’est pas une première. Les commerçants affirment ne plus savoir quoi faire aujourd’hui pour lutter contre cette violence. Le gérant du Carrefour, que nous avons rencontré, était visiblement encore sous le choc de l’attaque et ne souhaitait pas s’épancher sur le sujet.

Plusieurs tentatives ont eu lieu dans des magasins voisins. Deux semaines avant le braquage du Carrefour Express, c’est la fleuriste, située quelques dizaines de mètres plus bas dans l’avenue Guillaume De Greef, qui en a été victime. "C’est arrivé le mardi 6 novembre. J’avais été absente pour raisons personnelles durant une certaine période. J’avais alors fermé mon magasin. La tentative a eu lieu le jour de la réouverture. Je me suis dit que ce n’était pas possible… Eh bien, si ! Deux personnes sont entrées dans la boutique. Elles regardaient les fleurs. Elles ont ensuite indiqué vouloir acheter un pot de fleurs en plastique qui se trouvait pratiquement en sol. J’y mets des fleurs à vendre. C’était un simple pot noir comme on en trouve dans les magasins de bricolage. Je leur ai dit qu’il n’était pas à vendre. Ils ont insisté. Finalement, ma maman qui était à l’arrière est venue dans la boutique et elles se sont enfuies", raconte Carine Gérard que nous avions déjà rencontrée il y a un an environ. Elle venait alors de subir une nouvelle attaque quelques semaines avant. Au total, elle totalisait déjà neuf braquages et deux cambriolages en l’espace de cinq ans.

La situation ne s’améliore pas selon elle et la situation s’enlise pour les commerces dans le quartier. "Le coiffeur a remplacé sa porte suite à une attaque. Le libraire a abandonné en septembre dernier. Il avait subi deux braquages. Le magasin a été repris, mais pour combien de temps. Tout le monde est un peu sous tension. Je ferme mon commerce à clé et j’ouvre quand quelqu’un toque mais je ne suis pas à l’abri. Dès qu’une personne sonne, j’ai la peur au ventre. C’est un stress terrible. C’est une véritable angoisse", explique la fleuriste.

La commune est notamment pointée du doigt. La présence d’une caméra de surveillance avait été annoncée l’an dernier à la même période par Paul Leroy, alors échevin du Commerce. "On ne voit rien venir. On attend toujours. On a l’impression d’être les oubliés de Jette. C’est triste que les petits commerçants se sentent abandonnés comme cela. On n’a pas reçu la visite du bourgmestre par exemple. En fait, rien n’a changé", relate Carine Gérard.

La caméra de surveillance tant attendue arriverait d’ici maximum un mois et demi selon la commune. La commande a été validée et donc passée le 16 octobre. Elle aura une vue large sur la place Van Gehuchten et sur l’avenue De Greef. Une autre se trouve quant à elle en fonctionnement au niveau du parc de la Jeunesse.

La police indique aussi avoir augmenté sa présence, notamment celle de la brigade anti-banditisme, dans le secteur depuis le dernier braquage.