Bruxelles Bianca Debaets (CD&V) veut s’aligner sur la Flandre et la Wallonie mais il sera plus difficile de trouver un consensus à Bruxelles.

La Région wallonne a fait savoir mardi qu’elle s’alignerait sur l’accord politique intervenu en Flandre pour interdire l’abattage d’animaux sans étourdissement préalable. L’entrée en vigueur se ferait au 1er juin 2018 dans les abattoirs wallons tandis que la date du 1er janvier 2019 est évoquée en Flandre. Alors que les deux grandes régions du pays ont tranché cette question délicate, la Région bruxelloise se trouve face à un dilemme : doit-elle faire figure d’exception en permettant aux communautés juive et musulmane très présentes sur son territoire de pouvoir exercer librement leur culte ou doit-elle au contraire éviter de devenir le réceptacle de tous les abattages rituels du pays ?

Une chose est certaine : il sera difficile de ne pas tenir compte des décisions prises dans les deux autres régions. Une note sera donc proposée prochainement en gouvernement, fait savoir le cabinet de la secrétaire d’État bruxelloise en charge du bien-être animal Bianca Debaets (CD&V). "La note n’est pas encore élaborée, mais on s’oriente dans une direction similaire à celles des deux autres régions", ajoute son porte-parole.

Rien d’étonnant en soi puisqu’en début de législature, la secrétaire d’État avait fait savoir qu’elle était personnellement contre l’abattage sans étourdissement. Cependant, Bianca Debaets émet une réserve : pas question d’outrepasser l’avis du Conseil d’État. Pour rappel, celui-ci avait émis un avis mitigé sur une proposition de décret déposée au parlement flamand, jugeant qu’imposer l’étourdissement pourrait être assimilé à une restriction à la liberté religieuse. Cet élément devra être pris en considération dans l’élaboration de la note.

Si un consensus a facilement pu être trouvé dans les deux autres régions, ce sera moins évident à Bruxelles. Du côté du PS et du CDH, certains élus craignent de froisser les citoyens issus des communautés juive et musulmane. Dans le même temps, ces deux partis présents au sein de l’exécutif bruxellois ont déjà pris des décisions allant en ce sens comme celle de novembre dernier visant à ne plus organiser d’abattoir mobile à l’occasion de la Fête du Sacrifice, et ce, dès l’année 2017.