Bruxelles Pascal Smet (SPA) est censé remettre au gouvernement une première mouture de son plan avant les congés parlementaires

"Nous avons un ministre en état de mort clinique. Il ne fait plus rien. Et cela fait des mois qu’il n’a pas réuni le conseil consultatif. Nous n’avons aucune nouvelle", se désespère Hervé de Viron, secrétaire général de l’Union professionnelle des exploitants de taxis bruxellois (UPETB).

Début 2015, le plan Taxi du ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SPA), avait été recalé par le PS. Dans un contexte de vives tentions entre des chauffeurs de taxis et des conducteurs roulant pour Uber, le texte avait été jugé trop favorable à la firme californienne.

Depuis lors, le dossier est au point mort. Ce qui n’est pas sans conséquence pour le secteur des taxis. "Depuis le 1er janvier 2016, tous les taxis sont en infraction. Selon l’ordonnance de la ministre Grouwels, tous les véhicules doivent être équipés de taximètres digitaux. Mais Pascal Smet nous a demandé de tout stopper via un article dans le Taxi News. À ce que je sache, ce n’est pas le moniteur… On nous fait donc travailler dans l’illégalité. D’un côté, Smet affirme que les taxis ne veulent pas se moderniser et d’un autre il les en empêche !", commente Hervé de Viron.

En commission Infrastructure du parlement bruxellois ce lundi, plusieurs élus ont fait part de leur impatience concernant l’émergence d’un plan Taxi, Boris Dilliès (MR) en tête. Suite au lancement - en mai dernier - du service UberBlack, le libéral a interrogé le ministre Smet sur l’état d’avancement d’un nouveau cadre légal relatif au secteur du transport rémunéré de personnes. "Vous aviez annoncé que le plan serait présenté au parlement en décembre 2015 pour le faire approuver au printemps 2016", a-t-il rappelé.

Le ministre de la Mobilité a répondu que le gouvernement planche activement sur la question et qu’une décision devrait tomber dans les prochaines semaines. "Ce qui sera mis sur la table sera plus mûr. Avec un double angle : celui du client qui a besoin d’un service de qualité et complémentaire aux transports en commun et celui des chauffeurs dont les statuts doivent être garantis", a déclaré Pascal Smet.

Aucun calendrier n’a été fourni, ce qui a passablement énervé le député Boris Dilliès (voir ci-contre). Selon nos informations, Pascal Smet (SPA) est censé remettre au gouvernement bruxellois une première mouture de son plan avant les congés parlementaires qui débutent le 21 juillet. Pour avoir le feu vert du PS, son plan devra proposer une réforme du secteur taxi sans faire la part belle à des multinationales pouvant nuire au secteur.

Boris Dilliès (MR), député bruxellois : "C’est du foutage de gueule !"

"C’est la cinquième fois que j’interpelle sur le plan Taxi et que le ministre répond qu’il y travaille et que quelque chose sortira dans les prochaines semaines. Mais depuis un an et demi, il n’y a aucun plan et aucune décision n’est prise. Nous sommes dans un no man’s land où tout le monde est mécontent : les usagers des nouvelles plateformes de transport ainsi que les chauffeurs de taxis."