Bruxelles Seul un dispositif d’aération est mis en place pour évacuer l’air vicié.

Les tunnels bruxellois ne sont pas dotés d’un système spécifique de traitement de l’air. C’est ce qui ressort de l’interpellation d’Anne-Charlotte D’Ursel (MR), députée bruxelloise, au ministre de la Mobilité Pascal Smet (SPA). "Ces systèmes ne sont pas efficaces et leur utilisation est abandonnée dans de nombreux cas. Il en est de même pour le tunnel Léopold II", explique le ministre.

La qualité de l’air dans les tunnels de la capitale est donc gérée par la ventilation mécanique avec ou sans extraction massive et par dispersion. "Le rejet des polluants se fait par des extracteurs installés le long du tunnel ou via les portails de sortie des tunnels", explique encore Pascal Smet. Et c’est bien cela qui inquiète la députée libérale. "La pollution se concentre à l’entrée et à la sortie des tunnels. En ce qui concerne le tunnel Léopold II, il y a parfois des écoles avec un millier d’élèves à quelques pas de ces endroits critiques", déplore-t-elle.

Et il y a de quoi se poser des questions puisque l’appareil de mesure situé dans le tunnel en direction de la basilique estime que le seuil horaire de 400µg/m3 est dépassé dans plus de 60 % des cas durant les jours ouvrables et 50 %, les week-ends et jours fériés. En direction du centre, ces taux n’atteignent respectivement que 30 % et 10 %.

Néanmoins, les résultats d’une étude menée par Bruxelles Environnement en ce qui concerne le tunnel Léopold II et notamment la grille d’évacuation qui se trouve dans le parc Elisabeth soulignent que lorsque le système de ventilation du tunnel est en fonctionnement, la qualité de l’air est dégradée à l’endroit des grilles de refoulement de manière très confinée. Anne-Charlotte D’Ursel invite d’ailleurs Bruxelles Environnement et Bruxelles Mobilité à travailler davantage ensemble pour analyser la qualité de l’air de manière plus globale dans la capitale.

La députée déplore aussi que d’après les chiffres de 2016, sur les douze tunnels bruxellois concernés par l’arrêté qui détermine les valeurs limites à respecter dans un tunnel, seul le Léopold II était muni d’un poste de mesure permanent de la qualité de l’air. Pascal Smet précise que toutes les rénovations des tunnels prévoient l’installation d’un tel poste de mesure. "C’est notamment le cas pour le tunnel Porte de Hal", explique-t-il. Mais pas de nouvelles du tunnel Belliard "qui est un des plus longs tunnels de la capitale", souligne la députée qui souhaiterait aussi que le taux des particules fines et ultra-fines soit mesuré, en plus du dioxyde de carbone et du dioxyde d’azote actuellement.