Bruxelles

À la tête des immeubles 95 et 97 du Léopold II, Hassan Rahali, un élu SP.A indélicat. Perqui à la seconde adresse, hier

MOLENBEEK Un ascenseur qu’on eût dit massacré à la bombe atomique (des plaques clouées à même la charpente préviennent une chute fatale) amorce le décor, aussi peu reluisant que suspect, du 95 boulevard Léopold II.

Au sommet de la cage d’escalier, Nikola, un Bulgare sans papiers. “En Belgique depuis deux ans”, ânonnait-il avant-hier. Devant les Velux aux châssis crevassés ou la salle de bain d’une fraîcheur aux relents de Mathusalem, l’homme de 43 ans balbutiera son envie de déloger sa petite famille de ce grenier (“On est à 4”), de fuir ces 510 € + 70 de charges. “Où trouver ?”

La lecture du bail laisserait accroître que le bien (si pas la maison, de quatre étages, érigée à vingt mètres de la maison de l’emploi), “répond aux normes de sécurité”. Tout observateur en resterait circonspect.

Un étage plus bas, un Arménien semble à peine plus droit dans ses bottes. Quant à Vasil Nikolov, un Bulgare allant d’intérim en intérim, il supporte ses mini-pièces du deuxième. “Cinq ans ici. Avant, quatre ans dans le grenier”, s’explique-t-il en concédant un loyer de 558 € et de charges mensuelles à hauteur de 120/130 €. Roi de la débrouille, il sourit mollement en montrant sa pièce d’eau, à l’hygiène très aléatoire. “À changer. Discuter avec le propriétaire…”

Alors que des hauts le cœur perturbent le visiteur, Vasil ne tourne pas autour du pot : l’insalubrité de la simili douche remonte à… toujours.

Au bas de ces contrats de bail foireux, un intitulé s’incruste : celui d’Hassan Rahali et ses frères. Ex-journaliste de TV Brussel, aujourd’hui indépendant, Hassan Rahali se pavane en récent conseiller communal SP.A - grâce à 558 voix de préférence.

De la traite d’êtres humains ! Selon la loi, l’exploitation de la misère intègre ce pesant vocable. Sans doute ceci ne s’applique-t-il pas au 95 du Léopold II, siège, au rez, d’Averroës, un “espace culturel” où l’élu tient des “permanences sociales” avec le député jettois Fouad Ahidar. Au 97 qui s’offre un accès via la rue Mexico, par contre…

Jeudi matin, une perquisition police/Hygiène/Urbanisme/Lois spéciales y a pris acte, en un grenier cloisonné, de toits exigus, de la présence de matelas, de hublots de 30 cm sur 20, de lumière insuffisante ou d’absence de chauffage (si ce n’est des bonbonnes de gaz mal raccordées).



© La Dernière Heure 2013