L’Eros Center n’est plus un tabou

Guy Bernard Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

La concentration du plus vieux métier du monde en quelques rues, à l’étude en 2013. Selon le “modèle” de la Villa Tinto

SAINT-JOSSE Qu’ils battent pavillon schaerbeekois ou tennoodois, les carrées ne tournent pas rond. “Ils sont propices à la traite humaine”, rappela Emir Kir (PS), en emmenant une délégation à Anvers, semaine passée. Flanqué d’ASBL, des députés Anne Herscovici (Écolo) et Serge de Patoul (FDF) comme de citoyens souffrant de la proximité des péripatéticiennes de rue (distinguées des vitrines), le secrétaire d’État à l’Urbanisme s’est enquis des points conquis par la Villa Tinto. Déclinaison capitale en vue ?

Concentration, en trois rues, de 300 filles de joie, l’outil voulu par Patrick Janssens (SPA), le maïeur local, mit dix ans à émerger. “À coup de 30 millions par an !”, évalua Hans Willems, le consultant ad hoc de la cité. “Mais cette concentration a forcé la rénovation de tout un quartier autour des 51 chambres”, s’est plu à constater le Bruxellois, par ailleurs ébaubi par les 2,4 millions de revenus générés par an.

“La régularisation a ses limites !”, tempéra Anne Herscovici, ex-présidente du CPAS d’Ixelles. “Il faut s’attaquer à l’énorme réseau international exploitant la misère des femmes.”

De son côté, Emir Kir retint que 14 projets connexes (Gezondheidshuis; Atelierbeleid, etc.) contribuèrent à muer la Falconplein en un site “vivable, agréable”. Les vitrines ne sont-elles pas surplombées de lofts transpirant la modernité ?

À quelles conditions, Bruxelles pourrait-elle calquer ce modèle tintophile ? Le politicien en discerne trois qui, d’évidence, guideront une étude espérée en 2013.

“Leur approche globale a inclus une rénovation, de fond en comble, de logements, d’espaces publics et d’équipements. Le rassemblement des carrées s’est fait en trois rues piétonnes et moyennant un accompagnement social, clinique (via un centre spécifique) et policier. Enfin, ils en ont fait un projet culturel, touristique.”

Après s’être inspiré de ces “bonnes pratiques” dont bien des parties se félicitèrent, le premier échevin empêché de Saint-Josse fera rapport au parlement. Sans perdre un instant de vue la sentence d’un Patrick Janssens satisfait : “Ce ne fut pas un sprint mais un marathon !”



© La Dernière Heure 2012
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