Bruxelles Alors que la criminalité a baissé en moyenne de 20 % dans l’entité, la Gare de l'Ouest connaît une hausse de 13,1 % des faits délictueux.

L’insécurité, tel est souvent un des termes employés en premier lieu à l’heure d’évoquer Molenbeek. Pourtant, la situation est plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, la criminalité, qui a baissé de façon globale, diffère fort d’un quartier à l’autre.

C’est ainsi qu’entre 2009 et 2014, les quartiers situés le long du canal (Ribaucourt, Étangs-Noirs et Comte de Flandre) ont enregistré une nette diminution de la criminalité (-20 %) tandis que le quartier de la Gare de l’Ouest connaissait en même temps une forte hausse des faits enregistrés par la police. C’est la zone située entre les stations de métro Beekkant et Gare de l’Ouest qui est désormais devenu le quartier le chaud de Molenbeek.

Les secteurs de police Parvis (Ribaucourt et Comte de Flandre) et Quatre-Vents (Étangs-Noirs) possèdent, depuis longtemps, une très mauvaise réputation. Or, le nombre de faits délictueux qui y sont recensés est en forte baisse. Les 1.717 faits (Parvis) et 1.679 (Quatre-Vents) diminuent ainsi de 21,8 % et 22,2 %, passant à 1.342 et 1.307. "Il y a une vraie amélioration dans ces quartiers caractérisés par leur très forte densité de population, et une grosse partie des faits qui y sont rapportés vient des problèmes de toxicomanie à Ribaucourt", indique la bourgmestre Françoise Schepmans (MR). Une nette embellie concerne également le quartier Maritime. Les faits délictueux s’y rapportant, passent ainsi de 1.451 à 1.141.

Dans le secteur Ninove , qui recouvre le quartier Heyvaert, réputé pour être la plaque tournante du commerce de voiture, les chiffres de la criminalité ont également chuté de 14,7 %. Quant au quartier du Mettewie, c’est un quasi statu quo qui est constaté.

À l’inverse, le secteur Marie-José (Osseghem, Beekkant, Gare de l’Ouest), le plus grand de la commune aussi, est désormais au centre de toutes les attentions. L’ensemble de la zone enregistre une hausse de 13,1 %, avec 1.679 faits en 2014.

Ce sont les abords de la Gare de l’Ouest qui concentrent surtout les problèmes. Outre la grande précarisation du quartier - le plus pauvre de la Région -, c’est également la présence de la station de métro du même nom, un important lieu de passage, qui expliquerait ces chiffres, selon la commune.

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"On va ouvrir un commissariat près de la Gare de l’Ouest"

La bourgmestre Françoise Schepmans (MR) se réjouit de la baisse globale du nombre de faits délictueux, mais veut rester attentive

La bourgmestre Françoise Schepmans (MR) se réjouit de la baisse des faits délictueux globalement enregistrés sur l’ensemble du territoire de la commune. "On voit que la situation s’est améliorée et j’ai l’impression que le sentiment d’insécurité diminue" , indique la maïeure libérale. "Cette diminution est due aussi grâce à ma volonté de prendre des décisions. Je n’ai pas hésité à fermer des soi-disant ASBL qui abritaient un trafic de drogue" , affirme-telle.

Selon Françoise Schepmans, la hausse des chiffres dans le secteur Marie-José s’expliquerait par le très important passage que connaît la Gare de l’Ouest. "L’axe Gare de l’Ouest-Beekkant est surtout concerné. Il y a beaucoup de bandes de délinquants dans le métro, dont certains viennent d’Anderlecht, qui n’est pas loin", explique-t-elle.

Afin d’enrayer cette augmentation des délits, la bourgmestre annonce l’ouverture, début 2017, d’un commissariat de quartier. "On installera un commissariat de quartier, avec une trentaine d’agents, dans l’actuel bâtiment du service Jeunesse. Celui-ci va être relocalisé rue du Géomètre" , explique l’élue MR.

Le projet pilote de la Stib , visant à organiser des activités pour jeunes à l’intérieur de la station de métro, est également soutenu par Françoise Schepmans, qui rappelle aussi que les 120 caméras de surveillance annoncées seront bientôt opérationnelles. Un projet fort critiqué dans le passé par l’opposition.