Bruxelles Un transfert à Wezembeek et une motion qui a divisé les francophones à Linkebeek en attestent.

Jusqu’ici, la campagne électorale pour les communales était plutôt calme dans la périphérie bruxelloise. Deux événements en début de semaine montrent cependant que là-bas aussi les esprits commencent à s’échauffer.

Avec d’abord un transfert étonnant à Wezembeek. On a appris qu’Anne-Marie Servranckx, qui menait la liste francophone du Bourgmestre-Union pour le CPAS au scrutin d’il y a six ans, changeait de camp… et rejoignait donc la liste d’union néerlandophone où elle figurera à la deuxième place. Elle avait présidé le Centre public d’action sociale de la commune à facilités entre 2015 et 2016.

Puis après avoir démissionné de la présidence, elle avait pris ses distances avec sa formation et siégeait comme indépendante au conseil. Frank Vandendael, qui conduira la liste, a expliqué que Wezembeek Oppem Plus (WO Plus) entendait proposer un programme qui répondra aux attentes de tous les habitants de la commune "en faisant fi des petits jeux communautaires". Et de lancer aussi une invitation à tous les allophones à rejoindre eux aussi WO Plus avant les élections.

Par ailleurs, c’était le premier conseil communal de Linkebeek depuis le divorce politique entre les francophones réunis derrière Damien Thiéry et ceux qui ont décidé de suivre la bourgmestre Valérie Geeurickx. En l’absence du premier, retenu pour raisons professionnelles, c’est la seconde qui a présidé l’assemblée devant un public nourri. L’assemblée locale a notamment voté une motion contre le projet de loi relatif aux visites domiciliaires qui permet à la police de pénétrer dans une habitation où résident des personnes en situation irrégulière.

Comme on pouvait s’y attendre, les édiles proches du MR et de Damien Thiéry ne l’ont pas votée, au contraire des élus réunis derrière l’actuelle bourgmestre et Yves Ghequiere, qui pour la circonstance s’étaient mis au diapason des deux conseillers communaux flamands du groupe ProLink qui avaient déjà introduit le texte, en vain, lors d’un conseil précédent. Par ailleurs comme l’a signalé l’Agence Belga, un incident est survenu pendant un autre point de l’ordre du jour lorsque le conseiller Dominique Schwartz (du groupe Thiéry) a pris la parole en français. La bourgmestre Valérie Geeurickx a demandé que l’intervention en français ne figure pas au procès-verbal. Mais elle a permis au conseiller de s’exprimer en français, conformément à un arrêt de la Cour constitutionnelle du 10 mars 1998.