Bruxelles Les chaînes hôtelières ont enregistré une importante vague d’annulation suite aux attentats du mardi 22 mars.

Sombre période pour les hôtels de la capitale ! Les attentats de Paris et l’alerte terroriste de niveau 4 avaient déjà fait fuir les touristes, mais les attentats de Bruxelles perpétrés le 22 mars dernier aggravent encore un peu plus une situation déjà très préoccupante.

C’est le cas de l’hôtel NH Brussels, situé à deux pas de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. "La situation est tout simplement catastrophique ! Nous disposons de 165 chambres, mais seules 11 étaient occupées ce lundi, et 13 ce mardi, explique un réceptionniste. Notre clientèle est principalement composée d’hommes d’affaires qui travaillent aux institutions européennes. Ils prennent le métro à gare centrale pour se rendre à Schuman, tandis que nous avons davantage de touristes le weekend. Mais actuellement, on enregistre une fréquentation de même pas 15 % !".

Même son de cloche du côté du Chelton Hotel, situé au 48 rue Véronèse, non loin de la place Schuman. "Le 22 mars, l’hôtel était complet, mais suite aux attentats, nous avons connu une importante vague d’annulation, explique une employée. "Nous avons ici 55 chambres et il nous en reste environ 41 de disponible. Nous sommes souvent complet dans ce quartier de Bruxelles, mais là c’est quasiment désert. Vivement que l’aéroport de Zaventem rouvre ses portes !"

L’hôtel La Madeleine n’est pas non plus à la fête. "Nous avons 56 chambres et on devrait atteindre les 90 % d’occupation à cette période de l’année, mais nous n’en sommes qu’à 20 %", déplore Nicolas Varitis, le directeur.

La situation, bien que moins dramatique, reste préoccupante pour l’hôtel Marivaux, situé au 98 boulevard Adolphe Max, en plein centre-ville. "Nous avons enregistré plusieurs annulations cette semaine. Parmi nos 95 chambres, 70 % sont occupées. La situation était plus problématique la semaine dernière puisque nous avions moins de 50 % de fréquentation, explique Adriano Currenti, directeur commercial du Marivaux. Ce n’est certes pas catastrophique, mais la situation est néanmoins grave".

La situation du Jolly Hotel, situé sur la place du Grand Sablon, n’est pas réjouissante non plus, avec un taux de fréquentation de seulement 25 % sur les 196 chambres disponibles. "Quasiment toutes les réservations ont été annulées le jour des attentats ! On espère vivement que les touristes vont revenir car cela ne peut plus durer", affirme un réceptionniste.

D’autres établissements, comme l’Aparthotel Adagio sur le boulevard Anspach, ne sont pas encore en mesure d’évaluer les pertes financières. "Notre préoccupation était de garder les clients en sécurité. L’impact au niveau de la fréquentation sera évalué plus tard", commente un employé de l’hôtel.

Du côté de Visitbrussels, l’agence bruxelloise du tourisme, on évite de "tirer des conclusions trop hâtives car nous avons un aéroport qui est fermé donc il faut attendre avant de voir si ces attentats ont un impact réel sur le tourisme en Région bruxelloise, a fait valoir Patrick Bontinck, le directeur. On va réunir ce jeudi les acteurs du secteur touristique pour analyser la situation" .

Une situation aussi pénible pour les commerçants

Si l’impact des attentats se fait ressentir de plein fouet dans le secteur hôtelier, la semaine écoulée a également été pénible pour les commerçants du centre-ville. "On estime une chute de 50 % du chiffre d’affaires pour les jours qui ont suivi les attentats. On espère que la situation va s’améliorer pendant ces vacances de Pâques", explique Alain Berlinblau, président de l’association des commerçants du centre-ville, qui se montre toutefois optimiste. "J’ai l’impression que ça ne va pas perdurer. On va devoir attendre une semaine ou deux et la vie va reprendre, je ne suis pas pessimiste. Après les attentats de Paris, les clients ont déserté nos rues mais on constate que la clientèle revient systématiquement". Alain Berlinblau ajoute également qu’un niveau de sécurité important est maintenu du côté de City 2. "Le centre commercial est lui maintenu sous haute sécurité, avec une seule entrée disponible, une fouille systématique des sacs, et un passage obligé par des détecteurs de métaux".

Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la Brussels Hotels association: "Un désastre social se profile"

"Entre le 22 et le 28 mars, nous avons perdu plus de 50 % du taux d’occupation dans les hôtels bruxellois par rapport à l’année précédente. Le 28 mars, le taux d’occupation n’était que de 18 %. Depuis le lockdown de novembre, nous demandons aux gouvernements de prendre des mesures comme une facilitation du chômage économique des employés et une suppression de la taxe touristique. Des mesures qui doivent être enclenchées immédiatement sans quoi on se dirige vers un désastre social sans précédent ! Le secteur hôtelier représente 12.000 travailleurs, et si rien ne bouge, des milliers d’emplois seront menacés."