Bruxelles La Sarahcademy vient de franchir la barre des 100 élèves.

La pole dance connaît un véritable boom à Bruxelles ! Mise sur pied en 2009, l’unique école de la capitale spécialisée dans cette discipline qui mêle danse et acrobaties autour d’une barre verticale vient de franchir la barre des cent élèves.

"On constate clairement un essor. Quand j’ai lancé la Sarahcademy, c’était la première école en Région bruxelloise. Jusqu’il y a deux ans, c’était le seul endroit à Bruxelles où l’on donnait des cours de pole dance. Maintenant, plusieurs écoles de danse et de clubs de fitness ont intégré cette discipline", indique Sarah Cavenaile.

Danseuse et chorégraphe professionnelle, Sarah Cavenaile a commencé à pratiquer la pole dance il y a seulement six ans. "Je montais un spectacle dans lequel je voulais intégrer de la pole dance. Comme je ne trouvais personne, j’ai acheté une barre et j’ai appris toute seule. J’ai remarqué que je progressais vite, ce qui est motivant", raconte-t-elle.

Après quelques cours dans une école de la périphérie flamande, Sarah Cavenaile est redirigée vers une meilleure école à Anvers où se tient le championnat du Benelux. Dès sa première participation en 2010, elle devient championne de Belgique, un titre qu’elle a remporté quatre années d’affilée avant d’être sacrée championne d’Europe 2014 en juillet dernier.

Dans son école située au cœur du quartier Ouest-Duchesse à Molenbeek, la championne apprend maintenant à des dizaines d’élèves à faire des spins (figure réalisée en tournant autour de la barre) et des tricks (acrobaties figées). Cette discipline très athlétique requiert aussi beaucoup de musicalité et de créativité.

"La majorité des filles qui arrivent ici savent que ce sera exigeant d’un point de vue musculaire. Elles ne viennent pas pour faire un truc sexy ou faire plaisir à leur compagnon, mais pour se faire plaisir à elles-mêmes et se surpasser. La volonté de séduction de l’autre n’est pas une motivation suffisante pour rester", ajoute Sarah Cavenaile.

Une seule séance suffit d’ailleurs pour que l’étiquette glamour s’efface et laisse la place aux courbatures intenses, bleus et autres irritations cutanées. Mains rugueuses et tendinites sont aussi souvent le lot des plus accros. "C’est clair qu’il faut être un peu maso !", concède Sarah Cavenaile.

Danse pratiquée à l’origine par des stripteaseuses, la pole dance est donc sortie progressivement de son environnement érotique pour devenir une discipline sportive et artistique à part entière. Mais les clichés ont la peau dure et nombreux sont ceux qui font encore des amalgames entre cette danse et le strip-tease.

"Dès le moment où l’on sort une discipline d’un club privé, c’est dur d’enlever les préjugés. Pareil pour le tango argentin : cela a mis du temps pour faire oublier une réputation sulfureuse. Pour la pole dance, il faudra peut-être encore 50 ans pour que ça change !"