Bruxelles Un appel à projets visant à mettre en location les étages vides au-dessus des commerces a été lancé.

La demande en logements à laquelle doit répondre la Région est très importante. Or, nous sommes actuellement confrontés, dans la capitale, à une raréfaction du foncier disponible et les terrains publics dont dispose la Région pour construire de nouveaux logements sont toujours moins nombreux.

Par conséquent, la création de nouveaux logements, notamment au centre de Bruxelles et plus généralement dans la première couronne qui constituent des zones déjà densément bâties, passe principalement par la rénovation du parc de logements existant et par la réaffectation des espaces inexploités, notamment ceux situés au-dessus des commerces.

Tenant compte des difficultés existantes (création d’accès, bail unique, propriétaire absent, etc.) pour ce type d’opération, la Région a, via un marché public, confié à un bureau d’étude, Études et Recherches Urbaines (ERU), la mission d’identifier les immeubles facilement reconvertibles.

Du côté d’ERU, on explique avoir réalisé une étude qui a permis d’identifier entre 200.000 et 300.000 m2 utilisables. "Tenant compte du fait que les immeubles en Région bruxelloise présentent globalement la même typologie avec des étages de 50m2, on arrive à un nombre de logements disponibles qui varie entre 3.400 et 5.200 unités de logements, explique Marie Demanet, coordinatrice chez ERU. C’est un problème urbain qui n’est pas très visible, mais il y a une véritable problématique au niveau de la sous-utilisation de logements vides au-dessus des commerces, qui servent bien souvent de lieu de stockage ou de pied-à-terre pour des commerçants qui habitent en dehors de la Région bruxelloise."

Les pouvoirs publics se doivent dès lors de favoriser les reconversions. C’est pourquoi la Région a récemment lancé un appel à projets consacré à la réhabilitation des logements vides au-dessus des commerces.

"Cet appel à projets vise à octroyer, en complément des primes et aides existantes, une intervention financière (voir ci-dessous, NdlR) destinée à soutenir la réalisation de travaux d’aménagement permettant de remettre en location ces espaces vacants, a commenté la ministre du Logement Céline Fremault (CDH). Une fois les étages réhabilités, ils devront impérativement être mis en location pendant au moins 9 ans via une Agence Immobilière sociale (AIS, NdlR). Cette formule a déjà été pratiquée avec succès dans le cadre de l’appel à projets visant à convertir des bureaux en logements."

Une bonne idée, selon ERU. "Les AIS sont un bel outil pour réhabiliter ces logements. Nous avons par exemple travaillé de manière systématique sur la rue du Midi pour réaffecter les logements vides au-dessus des commerces grâce à un long travail d’inventaire, ajoute Marie Demanet. Presque tous les logements identifiés ont pu être réaménagés et on a pu retrouver du logement quasiment partout. On constate également qu’il est plus facile de réhabiliter des logements situés au-dessus de commerces qui tournent moins bien, notamment car les propriétaires de ces cellules commerciales sont intéressés à l’idée de mettre leurs logements en location pour toucher un revenu complémentaire."