Bruxelles

Une dizaine de snacks de la rue du Marché aux Fromages ont à présent une devanture plus sobre et uniforme

BRUXELLES-VILLE Tapis rouge pour la rue du Marché aux Fromages, beaucoup mieux connue sous le nom de rue des Pittas. Il aura fallu trois années pour que commerçants, Ville de Bruxelles et l’agence Atrium se mettent d’accord pour donner à ce haut lieu de la gastronomie nocturne un peu plus de sobriété.

Au menu : enseignes tapageuses et sauvages enlevées, porte-menus criards remplacés et façades rafraîchies, le tout bénéficiant d’un éclairage harmonisé pour compenser la disparition de tous les néons.

En effet, la rue située dans la zone tampon Unesco qui protège la Grand Place et ses alentours, a bénéficié de ce projet pilote. “Il faut bien avouer qu’avec sa surenchère de lumière, la rue des Pittas ressemblait à Las Vegas”, se souvient Akayyan Andon Antoine, président de l’ASBL Le Renouveau du quartier Grand-Place.

Les commerçants ont donc été aidés à 50 % pour se mettre en conformité avec la zone Unesco, sur un montant plafonné à 2.000 €. Mais malgré cette aide, les snacks ont commencé par freiner des quatre pieds.

“Au début, c’était la confrontation totale avec la ville. Au fur et à mesure, on a pu exprimer notre point de vue. Le plan Lumière a été étendu jusque chez nous et on nous a autorisé la vente à rue (vendre des pittas à un comptoir était interdit, NDLR)”, explique Benhammou Abdelouahed, président de l’association des commerçants.

Reste que les esprits sont loin d’être totalement apaisés. “On a changé l’identité de la rue. Les commerçants ont peur qu’elle perde son image festive et que ça fasse fuir les clients. Il faudra attendre quelques mois pour se rendre compte de l’impact de ce changement d’identité”, constate le représentant des commerçants.

Au total, les 50.000 € attribués par la Région et les 20.000 de la ville auront permis à 23 commerces d’enlever leurs enseignes. Dix commerces ont apposé une nouvelle enseigne et ont rénové leur devanture. “Grâce à ce nouvel équilibre, 77 nouveaux habitants ont élu domicile dans la rue”, se réjouit le président de l’ASBL RQGP.



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