Bruxelles

Ils ont entre 24 et 25 ans et forment la vague montante du rap bruxellois. Passionnés, les cinq gaillards rappent depuis leurs 14 ans. La naissance de leur groupe, La Smala, en 2007 tient finalement de l’évidence. Le nom du groupe aussi. “Le mot signifie famille en arabe, cela coulait de source ! On a tout de suite eu un esprit de famille”, sourient-ils.

Un rappeur, ils ne s’en cachent pas, possède un gros égotrip mais ils en sont persuadés : composer des chansons à cinq est une force . “Ici, chaque chanson est condensée et intense”, résume Senamo.

Après trois premiers albums gratuits, La Smala sort Un murmure dans le vent, sa première compilation payante. “L’album de la maturité !”, jurent-ils. Et Rizla d’expliquer : “ Rapper, c’est facile, tu peux le faire dans ta salle de bain ou dans ta cage d’escalier. Ici, c’est le fruit d’un travail de 10 ans de rap”. Senamo enchaîne par une métaphore : "un peu comme un arbuste qu’on a patiemment fait pousser…”

 L’étoile des jeunes rappeurs brille en tout cas toujours davantage dans le ciel bruxellois. En vente depuis lundi, l’album est le deuxième plus vendu sur iTunes, se plaçant juste derrière Michael Jackson. Le groupe se produit au Cirque Royal le 20 mai prochain avant d’aller chauffer le festival de Dour cet été ! Les fans, eux, se sont déplacés en masse à la Fnac, ce mercredi, afin de pouvoir rencontrer leurs idoles.

Âgés de 16 à 18 ans, ils débordent d’enthousiasme. “Cela fait plaisir de voir un bon groupe de rap bruxellois”, lâche Simon. “Leurs textes sont vraiment bons alors que beaucoup de rappeurs disent n’importe quoi”, soulignent Edouard et Osan.

Un des rappeurs, F.L.O, confirme : “si vous voulez entendre autre chose qu’un rap de gangsters plein de stéréotypes, alors écoutez l’album…”

La cover de l’album, avec son décor de musée et les deux jeunes assis face à un tableau, ne doit d’ailleurs rien au hasard. “On veut montrer que notre musique, le rap, peut être appréciée comme une œuvre d’art”, sourit Rizla.