Bruxelles

Menaces, heurts et rassemblements de jeunes bousculent la vie quotidienne de certaines communes, surtout bruxelloises

BRUXELLES La période du ramadan amène son lot de tensions et d’incidents dans les rues bruxelloises. Cela ne fait que six jours que le mois marqué par le jeûne musulman a commencé. Pourtant, la police locale de Molenbeek a d’ores et déjà reçu, en rapport avec cette période, des menaces – indirectes, certes – d’attaques à l’encontre de bâtiments publics. “Ces menaces concernaient des grenades pouvant être lancées sur un commissariat molenbeekois ou tout autre bâtiment public tel que la maison communale.”

Des menaces qui ont été prises très au sérieux. Du coup, à la fin de la semaine passée et ce week-end, la zone de police Ouest a haussé l’état d’alerte et renforcé son dispositif de sécurité. “Nous étions tous de garde. On a renforcé les effectifs policiers sur le terrain ainsi que les moyens techniques, tels que les caméras, pour observer tout débordement.”

À l’heure d’écrire ces lignes, le dispositif a néanmoins été levé, étant donné que ces menaces n’ont pas été mises en pratique.

À Schaerbeek, les après-midi se terminent de manière, disons, assez houleuse, dans le quartier Pavillon, entre la place Liedts et la Cage aux Ours, connu pour ses rassemblements entre bandes rivales. “Chaque mois de ramadan, c’est la même chose” , témoigne Ahmed, le gérant du magasin de sport dont la vitrine a été atteinte ce lundi, vers 17h30, d’un tir à l’arme à feu. “Deux bandes de jeunes, excités, se sont carrément tiré dessus. Quelques-uns ont pris la fuite dans ma rue. Mon magasin n’est qu’une victime colatérale…”

Côté police, on insiste : “Il ne faut pas nécessairement faire d’amalgames entre ces rivalités entre jeunes, que ce soit dans ce quartier-ci ou dans un autre, et le ramadan. Bien sûr, ils sont plus nombreux dehors, et ont donc plus de chance de se rencontrer. Mais c’est aussi le cas dès que le temps est au beau fixe, comme ces deux derniers jours”, estime la police locale.

Dimanche soir déjà, d’autres témoignages rapportaient des échos de coups de feu. Sans que la police n’ait trouvé aucune douille...

Pourtant, Abdelkader était présent sur les lieux dimanche soir et confirme qu’il y a bien eu des heurts. “Deux hommes roulaient à moto et l’un des deux a tiré en l’air. Deux voitures de police étaient là et aucune des deux n’a bougé… Ils attendent qu’il y ait un blessé avant d’agir ?”

Aux yeux des jeunes qui se rassemblent quotidiennement sur la place, la police est responsable d’alimenter les tensions. “Pendant le ramadan, on reste en bande parce que le jeûne est très dur physiquement et donc on se tient les coudes. Mais dès que l’on est plus de cinq, la police procède à des contrôles d’identité avec ordre de s’éparpiller. Ils jouent avec les nerfs des jeunes avec des phrases provocantes du style Mon chien a faim , raconte un jeune homme.

Une enquête relative aux coups de feu de ce lundi soir est en cours. La police n’écarte pour l’instant aucune piste, “mais l’enquête n’en est qu’à ses débuts”.



© La Dernière Heure 2012