Bruxelles

Une bagarre entre écoliers a eu lieu à la place Saint-Lambert à Laeken il y a deux semaines.

La rixe s’est déroulée à une cinquantaine de mètres de l’athénée Emile Bockstael. Elle concernait des élèves de cette dernière. Un enfant, âgé de 13 ans et prénommé Adam, a été pris à partie par plusieurs individus de son école.

L’adolescent avait, plus tôt dans la journée, répondu aux insultes des agresseurs envers son grand frère Yanis. Ce dernier a alors été prévenu qu'Adam se faisait agresser hors de l’établissement. Il est sorti pour le défendre et est monté sur les épaules d’un des agresseurs. C’est là qu’un étudiant qui s’en prenait au jeune Adam a sorti un couteau à 3 crans. Finalement, les groupes ont été séparés, mais Rafika Amrani, la maman d'Adam et Yanis, a décidé de réagir après avoir vu le couteau sur une vidéo tournée par un des écoliers. “Au départ, on pensait juste que c’était une simple bagarre. Quand je suis allé au commissariat de police porter plainte contre le grand qui a agressé mon fils, je ne savais pas qu’i y avait un couteau, à trois crochets. J’ai eu la vidéo bien plus tard. Quand j’ai vu la lame, je n’étais vraiment pas bien. Mon mari a pleuré tellement la vidéo est choquante pour nous. Je ne peux laisser passer ça. Un jour ça va dégénérer”.

Selon la maman d’Adam et Yanis, la situation que subit son aîné n’est pas neuve. Elle ne souhaitait pas intervenir avant afin de protéger ses enfants face aux moqueries. La bagarre a été la goutte de trop. “J’ai mon fils aîné qui est extrêmement maigre et qui subit des moqueries depuis toujours. Il est sous la courbe physique normal pour un enfant de son âge. Yanis joue aussi du piano et donc pour les élèves, il est considéré comme une pédale. L’année dernière, il y a eu énormément de moqueries et je n’ai rien dit car mes enfants avaient peur que si je venais, il y aurait encore plus de moqueries. Ça n’a servi à rien”.

Rafika Amrani explique son incompréhension concernant la non-sanction des différents jeunes, et plus particulièrement celui qui disposait d’un couteau: “Quand j’ai envoyé un mail au proviseur, il n’y a pas eu de sanction. Ça donne l’impression que l’on prend partie pour les agresseurs. Je ne comprends pas, alors que le garçon est rentré dans l’école avec son couteau. Le proviseur a dit que l’enfant s’était fait fouiller le lendemain mais c’est normal qu’il n’ait rien trouvé. Il n’est pas revenu avec le couteau. Le proviseur a convoqué les amis des agresseurs et ils se sont mis d’accord le soir même. Il n’a pas convoqué les autres enfants qui étaient dans la classe de mon fils. Il y a juste un ami à lui qui a essayé de le défendre. Mes garçons ont aussi été convoqués pour donner leur version. Je ne comprends pas très bien la réaction de l’école. Il n’y a pas eu de sanction, ni de renvoi”.

La maman se demande également comment Adam a pu sortir de l’école, bien qu’elle ne nie pas que la présence de son plus jeune hors de l’école n’était pas autorisée. “Je n’ai pas compris car il n’a pas le droit de sortir durant la pause de mi-journée. Il y a un éducateur qui filtre normalement. Mon fils n’a pas de carte verte. Le grand l'a, par contre, c’est pour ça qu’il est sorti défendre son frère”.

Rafika Amrani a décidé de prendre un avocat pour se défendre et s'interroge pour la suite de cette histoire : “J’ai envoyé un mail au proviseur et il m'a répondu. L’inspection m’a aussi contactée en félicitant l’école d’avoir contacté la police alors que c’est moi qui l’ai fait. Je trouve que la moindre des choses, c’est de nous convoquer. Là, on n’a eu aucune information. On a été mis à l’écart”.

Le cabinet de l’échevine Faouzia Hariche (PS) en charge de l’Instruction publique indique qu’un rapport a été demandé à l’inspecteur de l’enseignement secondaire suite aux faits.