Bruxelles

Le gouvernement bruxellois a décidé de supprimer les subsides de ce festival créé en 1974.

Il y a un an, le gouvernement bruxellois avait pris la décision unanime de supprimer le subside accordé au Brussels Film Festival. Son édition programmée en juin avait pu survivre tant bien que mal mais cette année, il semblerait que cela soit définitivement fini pour le festival. Celui-ci avait pourtant comme ambition de faire rayonner le cinéma d'auteur belge et européen à l'international en offrant une place particulière aux jeunes cinéastes. Chaque été, c'étaient plus de 100 courts et longs métrages qui balayait tout le cinéma d'auteur de notre continent. Cela faisait de lui un des plus gros festivals cinématographiques de la capitale.

Les organisateurs s'étaient pourtant rendu chez le ministre-président Rudi Vervoort (PS) afin de trouver des solutions et d'apporter des réponses à la longue liste de choses qui leur étaient reprochées par la Région. Mais ce mercredi, le parlement a confirmé ne plus octroyer de subventions au Brussels Film Festival. "Afin d’assurer leur survie, ils s’étaient déclarés prêts à relever les défis que les pouvoirs générateurs de subsides lui imposaient. L’interruption de l’aide octroyée, sans laisser de place à un quelconque plan de redressement ni à un droit de réponse des organisateurs, est d’autant plus injustifiable", dénonce le député libéral.

Les subsides étaient octroyés dans le cadre de l'image de Bruxelles et les organisations qui en profitent doivent répondre à des critères très strictes. "Les projets doivent présenter Bruxelles comme un lieu de rencontre des deux grandes communautés du pays et montrer le caractère cosmopolite de la capitale ainsi qu'avoir un rayonnement international", explique le ministre-président. Il avance des problèmes de gestion, une perte de crédibilité du festival, le peu renouvellement et une programmation limitée pour justifier le retrait du subside. Le manque de bilinguisme durant le festival a aussi été retenu comme facteur négatif.

"Sa notoriété, sa crédibilité et son expertise lui avaient permis d’assurer une reconnaissance dépassant largement nos frontières", regrette Gaëtan Van Goidsenhoven (MR), député bruxellois. "Une vitrine internationale pour la diffusion du cinéma d’auteur, risque de disparaître de notre scène culturelle", regrette-t-il. Pour le député, "il est par ailleurs permis de penser que le gouvernement préférerait mettre le montant des subsides au profit d’un autre festival, en l’occurrence le Brussels International Film Festival, dont la première édition se tiendra en juin prochain". Faits démentis par le gouvernement.

"Si le festival devait effectivement être amené à cesser ses activités, ce serait d’un déplorable affaiblissement de la scène culturelle bruxelloise et d’un grand coup de massue porté au 7ème art dont se rendrait coupable notre Gouvernement régional", conclut le député.