Bruxelles

Le directeur du Brussels Film Festival (BRFF) a déploré la similitude avec son projet dont il a perdu les subsides.

En réaction à la présentation jeudi de la première édition du Brussels International Film Festival (BRIFF), Ivan Corbisier, directeur du Brussels Film Festival (BRFF), a déploré vendredi la similitude des projets et les méthodes employées par les pouvoirs régionaux et locaux concernés. La Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région de Bruxelles-Capitale ont décidé en 2017 d'arrêter leurs subventions au festival, créé en 1974.

"Je regrette que le cabinet Vervoort nous ait coupé nos subsides sans aucune discussion possible, pour lancer un nouveau festival qui n'apporte rien de neuf, voire qui semble marcher dans nos pas, même dans le titre. Nous étions prêts à remodeler le BRFF. Nous avons par exemple depuis des années le site www.brusselsinternationalfilmfestival.be. Je regrette que la nouvelle équipe n'ait jamais accepté aucune collaboration afin de travailler ensemble sur un vrai nouveau projet. Il n'y aura pas d'édition cette année du Brussels Film Festival, mais il n'est pas pour autant encore mort", note M. Corbisier.

Un dossier sera notamment déposé à la Communauté française à la rentrée et différents contacts sont pris notamment avec le Wolubilis. Les partenaires du BRFF restent de plus intéressés.

Les deux festivals se déroulent au mois de juin et proposent tous deux des séances en salles et des projections en plein air gratuites.

"On est sur quelque chose de plus large sur la proposition cinéma. On a fait le pari d'aller par exemple du 'Gendarme de Saint-Tropez' à des choses beaucoup plus pointues dans la proposition européenne", a défendu jeudi Céline Masset, co-organisatrice du Briff.

C'est l'ASBL "Un Soir, Un Grain", connue pour le Brussels Short Film Festival, qui organise le BRIFF. La Ville de Bruxelles, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région de Bruxelles-Capitale et la COCOF (Commission communautaire française) sont partenaires du projet.

"Le coeur de l'événement se déroulait au Flagey, mais on était déjà à la Cinematek, au 140, on avait déjà pris des contacts avec le cinéma Palace...", remarque Ivan Corbisier. "J'étais le premier à défendre que Bruxelles ait un festival de cinéma de plus grande taille, mais pas comme ça, en chassant l'un pour mettre l'autre. J'ai contacté les organisateurs pour mettre nos forces ensemble, mais ils ne m'ont jamais rappelé. La proposition n'est pas fondamentalement différente et on prend l'argent à quelqu'un pour le donner à quelqu'un d'autre sans aucune discussion. C'est pour moi une décision complètement dictatoriale de la Région. Il n'y a pas eu d'appel à projets. L'ASBL "Un Soir, Un Grain" a dit avoir simplement été contactée par la Ville de Bruxelles", souligne-t-il encore.

Il n'est pas le seul à nourrir un tel ressentiment quant à ce type de reprise d'un marché existant, développé sur de longues années. L'équipe du Botanique, qui avait fait renaître le Cirque royal dès 1999, avait aussi très mal vécu le transfert de la concession à l'ASBL Brussels Expo, décidé par la Ville de Bruxelles.