Bruxelles Face au projet d’élargissement du Ring de la Flandre, les humanistes proposent trois solutions alternatives peu coûteuses.

Qui dit rentrée des classes dit aussi retour des bouchons, c’est la raison pour laquelle le CDH a choisi de faire part de sa position dans un dossier de mobilité assez polémique, à savoir le projet flamand d’élargissement du Ring de Bruxelles. Alors que les premiers coups de pelle seront donnés sur le tronçon situé à hauteur de Zaventem en 2016, les humanistes estiment qu’il est urgent d’exprimer à nouveau un non ferme et définitif à ce projet pharaonique qui fera passer le Ring de quatre ou six bandes à huit ou dix bandes de circulation suivant les endroits.

"L’élargissement du Ring est une bombe environnementale et sanitaire pour Bruxelles et ses habitants", estiment le chef de groupe CDH au parlement bruxellois Benoît Cerexhe et le député-bourgmestre Hervé Doyen. "Alors que Bruxelles se trouve déjà en infraction par rapport aux normes sur la qualité de l’air, l’élargissement du Ring augmentera l’exposition des Bruxellois à la pollution. Selon une étude de CELINE, 608.000 personnes sont directement impactées par la pollution du Ring, ce qui n’est pas négligeable en termes de santé publique", déplore le maïeur de Jette.

Ce dernier pense que l’augmentation du nombre de bandes ne permettra pas d’améliorer la fluidité du trafic sur le Ring. "Cela provoquera un appel d’air et on aura encore plus de voitures. Selon une étude de mobilité, on peut s’attendre à une hausse de 33 % du nombre de voitures. Et il suffit de prendre le cas du Ring d’Anvers pour constater que l’élargissement ne solutionne rien !"

Mais pas question de s’opposer radicalement au projet de la Flandre sans avancer de solutions alternatives. Le CDH propose trois façons d’optimaliser le Ring qui ne passent pas par une multiplication des bandes et qui ne réclament pas d’investissement d’envergure.

La première mesure, très facile à appliquer, consisterait à limiter la vitesse à 70km/h sur le Ring. "On s’inspire de Paris où la réduction de la vitesse sur le périphérique a permis de faire baisser le nombre d’accidents et d’augmenter la vitesse moyenne durant les heures de pointe. En travaillant sur la vitesse, on supprime l’effet accordéon. Du coup, on évite également les redémarrages et la pollution. On pourrait bien entendu songer à des modulations horaires ", précise Benoît Cerexhe.

La seconde mesure, aussi inspirée de l’étranger, aurait pour objectif de lutter contre l’auto-solisme en créant une bande réservée aux voitures qui comptent au moins deux personnes à leur bord en heures de pointe. "Environ 80 % des voitures qui circulent sur le Ring transportent une personne seule", font valoir les deux députés.

Dans le même esprit, la troisième mesure consisterait à encourager les initiatives de covoiturage déjà développées sur un mode privé. "Le succès de ces plateformes démontre un potentiel important. Et c’est convivial et intéressant d’un point de vue économique et environnemental."

Selon le CDH , ces trois mesures très concrètes qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs seront complétées sur le long terme par d’autres solutions telles que le RER, de nouveaux parkings de dissuasion et de nouvelles lignes de métro. "En attendant, rien n’empêche la Flandre de tenter l’expérience et de l’évaluer !"

"Nous avons des leviers pour dire non !"

Étant donné que le Ring se situe en majeure partie sur le territoire flamand, le projet d’élargissement porté par la Région flamande sera-t-il imposé unilatéralement aux Bruxellois ? Le CDH estime que la Région bruxelloise dispose de suffisamment de leviers pour mettre un terme aux ambitions flamandes.

En effet, une toute petite partie du Ring se trouve en Région bruxelloise sur le territoire de la ville de Bruxelles. Un permis des autorités bruxelloises est dès lors indispensable à la mise en place du projet. "Il s’agit d’une sorte de pointe qu’ils ne peuvent pas contourner. Il s’agit donc d’un levier fort !", considère Hervé Doyen, député-bourgmestre de Jette. La Région bruxelloise pourra également s’appuyer sur l’arrêt Drogenbos qui prévoit que l’accord d’une Région impactée par un grand projet porté par une autre Région soit nécessaire à sa réalisation. "Les Bruxellois sont davantage touchés par les nuisances du Ring que les Flamands car les communes qui longent le Ring sont plus denses du côté de Bruxelles."

Enfin, les humanistes soulignent encore qu’une procédure en conflit d’intérêt ou qu’un recours au Conseil d’État sont d’autres moyens permettant d’empêcher l’élargissement du Ring. "Nous ne sommes pas obligés de subir la situation !", conclut le chef de groupe CDH au parlement bruxellois Benoît Cerexhe.