Bruxelles La secrétaire d’État bruxelloise au Bien-être animal ne veut pas prendre une telle mesure sans consulter le secteur.

Les conditions de mise à mort des animaux dans les abattoirs étaient discutées ce mardi au sein de la commission Environnement du parlement bruxellois. Très sensible à la cause animale, la députée régionale Dominique Dufourny (MR) a plaidé pour l’installation de caméras au sein des abattoirs.

"L’année passée, des images insoutenables tournées en caméra cachée dans des abattoirs français ont mené à la création d’une commission d’enquête parlementaire qui avait proposé l’obligation d’installer une vidéosurveillance dans ces établissements", a fait valoir la libérale qui rappelle que les deux autres régions du pays ont pris des mesures en la matière.

"La Région flamande a pris son propre arrêté, publié en mars 2016, dans lequel elle statue sur le certificat d’aptitude professionnel du personnel travaillant en abattoir; la fonction d’un responsable du bien-être des animaux ainsi que l’équipement des infrastructures. Du côté de la Wallonie, le ministre en charge du Bien-être animal a indiqué qu’il envisageait la mise en place d’un système de télésurveillance au sein des abattoirs wallons", a ajouté Dominique Dufourny.

À l’issue de la commission, cette dernière a déploré le manque d’enthousiasme de la secrétaire d’État bruxelloise en charge du bien-être animal vis-à-vis de sa proposition. "Celle-ci est restée fort évasive démontrant que ce n’était pas pour elle une priorité. Tous les animaux ont le droit d’être protégés contre la cruauté, même ceux qui sont amenés à être abattus. Les caméras peuvent assurer leur protection. Je souhaite que la secrétaire d’État se saisisse de cette opportunité !"

Contactée par nos soins , la secrétaire d’État Bianca Debaets (CD&V) a assuré qu’elle ne fermait pas la porte à une telle mesure. "Je compte prochainement organiser une concertation avec l’Abattoir d’Anderlecht, qui est le seul abattoir de la Région bruxelloise, et nous allons discuter de l’opportunité d’installer des caméras de surveillance. Je ne suis pas fermée à l’idée de m’inspirer de ce qui se fait à l’étranger mais une discussion préalable avec le secteur s’impose avant d’éventuellement prendre une mesure à ce niveau", explique-t-elle.

Et de préciser que des mesures permettent déjà d’éviter les dérives. "Les contrôleurs de Bruxelles Environnement sont déjà bien présents au niveau de l’Abattoir d’Anderlecht. Ils vérifient régulièrement les procédures en vigueur. Il s’agit de contrôles annoncés et aussi de plus en plus de contrôles inopinés."