Bruxelles Les libéraux souhaitent intégrer les partenaires privés (voitures et vélos partagés, etc.) sur un support unique favorisant l’intermodalité.

Face aux embouteillages croissants des voiries qui paralysent chaque jour la capitale, l’intermodalité doit s’inscrire au cœur de l’action publique. C’est dans ce contexte que différentes actions ont été menées ces dernières années, à l’instar de la carte Mobib qui centralise sur un support unique les titres de transport des quatre opérateurs de transports publics : la SNCB, la Stib, De Lijn et la Tec.

Le MR souhaite aller un pas plus loin, en intégrant les partenaires privés dans ce processus d’intermodalité. "Hormis les opérateurs publics, on ne compte pas de partenaires privés dans cette politique. Or, une dynamique performante de la mobilité nécessiterait d’y inclure un spectre le plus large possible de solutions de mobilité, en incluant les vélos en partage sans station fixe, les taxis, les services de transport rémunéré avec chauffeur, les navettes fluviales, les offres d’autopartage en libre-service, les parkings, le covoiturage, etc.", détaille Gautier Calomne, député fédéral, à la base d’une proposition de résolution déposée à la Chambre. Côté régional, Anne-Charlotte d’Ursel a fait de même en déposant le document au parlement bruxellois. "L’objectif de cette démarche conjointe et inédite est d’aboutir à une réflexion entre les différents niveaux de pouvoir sur cette problématique abordée depuis plus de quinze ans, mais où aucune solution n’a encore pu être trouvée."

Selon les libéraux, "ce sésame de la mobilité permettrait de limiter, dans la mesure du possible, des situations ubuesques où le citoyen doit trop souvent jongler entre les titres de transport et leurs limites territoriales, comme c’est le cas pour les voyageurs entre la région bruxelloise et sa proche périphérie, et perdre du temps dans les longues files des guichets ou encore se perdre face à la jungle croissante d’applications de service", explique Anne-Charlotte d’Ursel. L’approche d’un porte-monnaie prépayé multimodal, parfaitement compatible avec le maintien d’offres spécifiques d’abonnements par exemple, induirait aussi une plus grande flexibilité qui correspondrait davantage aux modes de consommation contemporains. "

Il convient, selon eux, de réduire les obstacles " qui découragent systématiquement la transition des citoyens vers l’intermodalité des transports. L’absence de flexibilité et le spectre trop restreint de la carte Mobib contribuent malheureusement aujourd’hui à cette problématique ", conclut Gautier Calomne.

L'exemple français

Plusieurs pays ont déjà franchi le pas en centralisant les titres de transport sur une seule et même carte. Conçu à partir d’un partenariat dans les années 90 et mis en place par vagues dans les années 2000, le Pass Navigo (région Île-de-France) permet de regrouper non seulement les titres de transport de différents réseaux de transports en commun franciliens, mais aussi des services d’autopartage, des places de stationnement en parking, du parking vélo, différents services de vélo en libre-service, des navettes fluviales et un service à la demande de navettes vers l’aéroport, avec différents types de forfaits. Un abonnement unique et un même ticket couvrent ainsi toute l’Île-de-France, peuplée de 12 millions d’habitants.