Bruxelles La moitié des magasins de la Galerie Anspach préféraient s’acquitter d’une amende… plutôt que d’ouvrir.

Depuis le 24 mai dernier, les magasins se trouvant dans la rue Neuve et ses environs peuvent ouvrir au moins un dimanche par mois. C’est la conséquence de la reconnaissance par le conseil communal de la Ville de Bruxelles, le 9 février dernier, du pentagone comme étant une zone touristique. Le projet I shop on Sundays, qui vise à rendre la capitale belge plus attrayante d’un point de vue touristique, a été porté à bout de bras par l’échevine du Commerce, Marion Lemesre (MR).

Si la première ouverture dominicale, dont la date coïncidait avec le week-end des festivités du Jazz Marathon, avait connu une grosse affluence, la formule cherche toujours son public. Trois mois après son entrée en vigueur, les commerçants du centre-ville sont nombreux à émettre des doutes ou des critiques sur I shop on Sundays.

Damart, H&M, Cassis, Paprika, Pearle Opticiens, Z generation, Montre service… Ce dimanche, la liste des magasins se trouvant dans la Galerie Anspach, et qui ont les volets tirés, est longue. Et interpellante. C’est que les enseignes de cette galerie commerçante doivent s’acquitter d’une amende salée en cas de non-participation au projet I shop on Sundays.

La veille, ce samedi, Laure, la gérante de 26 ans du Montre service, nous explique qu’elle préfère payer les 1.400€ d’amende plutôt que d’ouvrir ce dimanche. "Je vais travailler à perte et cela me coûtera en fait encore plus d’argent si j’ouvre !", constate la jeune femme.

Un peu plus loin , dans la rue Neuve, des enseignes comme WE, Naf Naf, Inno ou H&M ont également choisi de ne pas ouvrir ce dimanche. "Le jeu n’en vaut pas la chandelle", explique-t-on, samedi, du côté d’un magasin de valises et de sacs, qui sera aussi fermé le lendemain. "Le Naf Naf du City 2 est obligé contractuellement d’ouvrir mais nous fermerons", nous indique-t-on au Naf Naf de la rue Neuve. Et si les grosses chaînes de vêtements joueront le jeu, une manager, confirme, sous couvert d’anonymat, que "cela fonctionne bof".

L’obligation légale de doubler le salaire horaire des employés dominicaux ne semble également pas être respectée par tous les entrepreneurs. " L’entreprise ne nous paie pas plus", nous confient les employés d’une célèbre parfumerie. " Nous, nous sommes payés le double, mais le patron fait appel à deux fois moins d’employés pour faire des économies. Mais c’est jouable, car nous faisons le chiffre d’un lundi", sourit la manager d’un magasin de vêtements féminins de la rue Neuve.

Bilan positif des soldes au centre-ville malgré le piétonnier

Le temps ensoleillé, le ramadan et le piétonnier. Voilà les trois problèmes invoqués par les commerçants du centre-ville, dans des proportions diverses, lorsqu’il s’agissait, ce week-end, de répertorier les défis auxquels ils ont été confrontés lors de la période de soldes estivales qui vient de s’achever. Une période globalement positive, précise néanmoins la majorité d’entre eux. "Le ramadan tombait pile en même temps cette année, et au centre-ville, on a quand même beaucoup de clients d’origine arabe", résume Amélie, la gérante de 46 ans de Maisons du Monde, un magasin de meubles et de décoration situé boulevard Anspach.

Selon le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI), le chiffre d’affaires des petits commerces a diminué de 6 %, tandis que celui des grandes chaînes, selon Comeos, a bondi de 5 % durant la même période. Les petits commerçants du centre-ville bruxellois ont-ils donc vécu une mauvaise période de soldes ? La réalité semble en fait plus nuancée.

"On a cartonné ! Ces soldes se sont très bien passées, mais c’est aussi parce qu’on a fait de belles promotions", se félicite ainsi Sabrina, 30 ans, une employée d’un magasin de vêtements de la rue Dansaert. Un peu plus loin, le magasin de chaussures Buffalo a également fait de bons résultats. "Malgré le piétonnier qui ne nous facilite pas la vie, empêchant nos clients de stationner, on a fait de bons chiffres", sourit Paul, le manager de 24 ans.

"Cela n’a pas été. Le piétonnier nous a plombé", déplore, de son côté, Chaïma, de la boutique de mode Zoé, installée sur boulevard Anspach.

Un piétonnier qui a en tout cas pénalisé Maisons du Monde, dont la vente de meubles n’a pas attiré beaucoup de clients. À quelques pas de cette boutique, les commerces de la galerie Anspach et de la rue Neuve affichent, eux, un grand sourire. "Très bonnes soldes ! Le piétonnier attire même du monde", assurent-ils.