Bruxelles Deux mesures censées atténuer les nuisances sonores ont été présentées, jeudi. Les riverains de l’Oostrand sont dubitatifs.

Depuis ce jeudi, il y a du changement dans le ciel bruxellois. Le moratoire imposant un retour à la situation antérieure au 6 février 2014 pour le survol aérien de Bruxelles est entré en vigueur dans la nuit de mercredi à jeudi. Une aubaine pour les communes d’Ixelles, de Watermael-Boitsfort ou d’Auderghem qui seront désormais moins survolées.

Mais pour les communes de l’Oostrand (regroupant Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert, Crainhem et Wezembeek-Oppem), c’est un retour au cauchemar vécu avant l’introduction du très controversé plan Wathelet.

En effet, l’ancien virage réactivé par le moratoire risque de provoquer de nouveaux dépassements des normes de bruit sur les zones survolées. Les mesures provisoires présentées ce jeudi par la ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR) (voir ci-contre), ne calment pas les riverains des zones survolées.

"Nous avons très mal dormi cette nuit, malgré notre triple vitrage", déplorent Euvania et Serge, habitants de Wezembeek-Oppem. "On ne profite pas de l’été. On voudrait bien rester dans notre jardin lorsqu’il fait beau mais avec ce vacarme constant, c’est impossible !"

Les riverains de ces zones survolées sont réticents concernant les mesures annoncées. Tous espéraient que les pistes de décollage et d’atterrissage soient redirigées vers le Nord de Bruxelles, là où la densité de population est la plus faible. Il n’en est rien.

"Nous attendons de voir si les mesures prises par Jacqueline Galant sont utiles. Nous avons installé des sonomètres dans la commune. On verra si c’est encore un discours rempli de bonnes intentions ou si la diminution des nuisances est réelle", raconte Dimitri, un habitant de 51 ans de Wezembeek-Oppem.

L’homme, furieux, ne s’arrête pas là : "Ce moratoire est un vrai scandale, une honte politique. C’est un accord pris sans la moindre concertation avec les riverains et qui va au détriment de leur santé. Nous sommes vraiment le dindon de la farce et on ne sait plus à quel saint se vouer !"

Même son de cloche pour Lilo et Lasse, deux frères et sœurs qui habitent également dans l’Oostrand. "Je dors à l’étage tout en haut. Les avions passent à environ 100 mètres de notre toit dans un brouhaha tonitruant. Personnellement, j’ai un sommeil profond. Mais ce n’est pas le cas de ma maman, qui est enceinte", nous explique Lasse.

Dimitri, lui, est catégorique : "On prône la mise sur pied d’un organisme indépendant qui gère et contrôle Belgocontrol, l’entreprise qui assure la navigation dans l’espace aérien belge, qui est un état dans l’état".

Sur ce point, la ministre Galant l’a entendu.