Bruxelles C'est la demande formulée par le groupe de travail du Parlement bruxellois qui se penche sur l'opportunité d'établir un régime de limitation de vitesse variable sur certaines voiries régionales et interrégionales.

Ralentir pour aller plus vite: c'est la formule que le MR bruxellois serine depuis 2015. Depuis les bancs de l'opposition, les libéraux tentent, en effet, de convaincre la majorité régionale de l'opportunité d'instaurer une gestion dynamique des limitations de vitesse.

Concrètement, il s'agit d'adapter les limitations de vitesse -à la hausse ou à la baisse- en fonction de divers critères tels que la congestion, les accidents de circulation ou encore les conditions météo. Ce qui suppose l'instauration de mesures de trafic en temps réel et de panneaux de signalisation dynamiques.

"Une limitation de vitesse parfois très basse permet de limiter les mouvements d'accélération et de décélération qui sont sources d'embouteillages et d'accidents. Qui plus est, les limitations de vitesse sont mieux respectées par les automobilistes lorsqu'ils savent que cela leur permettra au final d'arriver plus vite à destination", fait valoir Anne-Charlotte d'Ursel (MR), la députée à l'origine de la proposition de résolution.

Jusqu'ici, sa proposition n'avait pas suscité beaucoup d'enthousiasme au sein de la majorité régionale. Mais l'élue libérale est récemment parvenue à obtenir l'installation d'un groupe de travail pour se pencher sur ce projet.

Lundi, les députés bruxellois qui font partie de ce groupe de travail ont ainsi pu entendre des représentants de l'Institut Belge pour la Sécurite Routière (VIAS). Selon ces derniers, la mise en place des limitations de vitesse dynamiques sur l'autoroute permet d'obtenir une plus grande homogénéité du trafic et une limitation du nombre de dépassements. En résulte un trafic plus fluide, une vitesse moyenne plus importante, une plus grande sécurité routière et une diminution des émissions de CO2.

Mais pour ce qui est du milieu urbain, Vias estime qu'une étude spécifique serait nécessaire pour tenir compte de certains facteurs tels que les nombreuses entrées et sorties d'axes qui pourraient limiter l'efficacité du système.

À l'issue de cet exposé, le groupe de travail a conclu qu'il serait utile de demander au ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA) d'effectuer un test, via Bruxelles Mobilité, sur une grande voie de pénétration de la capitale.

C'est l'avenue Charles-Quint, dans le nord ouest de la Région bruxelloise, qui a été citée. Longue de 2,8km et empruntée en moyenne par 65.000 automobilistes chaque jour, cette artère représente l'une des entrées principales dans la capitale. "En sachant que le tunnel Léopold II devra bientôt être rénové et que le trafic ne va pas disparaître du jour au lendemain, il est intéressant de réaliser un test à cet endroit", estime Anne-Charlotte d'Ursel qui évoque également la mauvaise qualité de l'air sur cet axe pourtant très habité.