Bruxelles Dans plusieurs organismes publics, le taux de Bruxellois a même baissé depuis 2013.

La Région bruxelloise a beau être le premier bassin d’emplois du pays, cela ne profite pas toujours directement à ses habitants. En effet, on estime que seulement la moitié des jobs disponibles dans la capitale sont occupés par des Bruxellois. Dans ce contexte, la députée régionale Hannelore Goeman (SP.A) estime que les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple en favorisant le recrutement des Bruxellois au sein de l’administration et des organismes d’intérêt public.

Comme l’année dernière, la socialiste a donc interrogé l’ensemble des ministres régionaux pour dresser un nouvel état des lieux relatif au recrutement de Bruxellois dans la fonction publique. Il ressort des réponses apportées qu’il existe de grandes disparités entre les différents organismes.

Ainsi, l’agence régionale pour le commerce Atrium fait partie des très bons élèves avec un taux de 80,76 % de Bruxellois au sein de son personnel. La nouvelle agence régionale de stationnement ne s’en sort également pas trop mal avec un pourcentage de Bruxellois qui s’élève à 69 %, trois ans à peine après sa création effective.

Avec son taux de 27,19 % de Bruxellois, le Siamu (service d’incendie et d’aide médicale urgente) fait figure de cancre. Fin 2016, on dénombrait seulement 339 Bruxellois sur un effectif total de 1.247 travailleurs. Pour expliquer ce faible taux, la secrétaire d’État Cécile Jodogne (Défi) explique que les offres statutaires doivent obligatoirement être publiées dans la presse nationale et dans le Moniteur belge et que la sélection est effectuée par le Selor. Conformément à la législation en vigueur, seule la correspondance au profil recherché et les résultats aux épreuves sont pris en compte. L’emploi bruxellois au sein du Siamu est cependant favorisé par une collaboration avec Actiris pour ce qui est de l’engagement de personnel contractuel administratif.

L’autre constat frappant qui ressort des réponses de l’exécutif bruxellois, c’est que la présence de Bruxellois a baissé dans bon nombre d’organismes depuis 2013. C’est le cas de la société régionale d’investissement de Bruxelles (SRIB) où le taux est passé de 72 % en 2013 à 64 % actuellement et de Citydev où l’on passe de 69 à 65 %.

Observation similaire à la Stib où le taux de Bruxellois est passé de 53,3 % à 51,6 % en quatre ans. On note également une diminution de la présence de Bruxellois au sein de la société du logement (SLRB) avec un taux actuel de 55,80 % contre 60 % en 2013. Enfin, le service public régional de Bruxelles (SPRB) affiche également un taux en berne : 41,49 % en 2017 contre 44,38 % il y a quatre ans.

En revanche , d’autres organismes bruxellois enregistrent une progression. C’est notamment le cas de l’office régional pour l’emploi Actiris qui passe de 60,3 % à 63,1 % et de Bruxelles Environnement qui grimpe de 54,48 % à 58,49 %. Citons aussi Bruxelles Propreté qui représente un vivier important d’emplois non qualifiés et dont le taux de Bruxellois est passé de 64,67 % en 2013 à 69,66 % l’année passée.

Ces chiffres sont actuellement analysés par le SP.A qui décernera prochainement le prix du meilleur et du moins bon élève. "Les pouvoirs publics doivent donner l’exemple. J’attends que chaque organisme fasse encore des efforts pour améliorer les chiffres", commente déjà Hannelore Goeman.