Bruxelles

Selon les dernières analyses, des travaux sont nécessaires mais la stabilité de l’ouvrage d’art n’est pas menacée.

Ouf de soulagement pour les navetteurs qui empruntent chaque jour la E411 pour se rendre dans la capitale : le gouvernement bruxellois a annoncé hier la réouverture du viaduc Herrmann-Debroux. Pour rappel, l’ouvrage d’art situé sur la commune d’Auderghem avait été fermé vendredi soir à la suite d’une inspection ayant permis de découvrir des faiblesses dans la structure. Des analyses plus poussées relatives à la stabilité du viaduc avaient été commandées.

L’administration régionale en charge des voiries et des infrastructures Bruxelles Mobilité a reçu hier en fin d’après-midi les résultats des analyses mécaniques commandées à un bureau d’inspection et un bureau d’étude en stabilité. Ces résultats confirment que les dégradations ponctuelles constatées au niveau de la structure ne mettent pas en danger la stabilité de l’ouvrage.

Sur cette base, le gouvernement bruxellois a décidé que le viaduc peut être rouvert à la circulation avec toutes les garanties nécessaires pour assurer la sécurité des usagers.

"Des actions de réfection devront toutefois être entreprises mais de manière non urgente. Le viaduc continue à faire l’objet d’un monitoring régulier. Le diagnostic au niveau de la qualité du béton sera notamment poursuivi avec les analyses chimiques", a précisé le cabinet du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SP.A).

Le viaduc a rouvert cette nuit. Le dispositif spécial mis en place par le groupe Tec pour rejoindre Bruxelles reste maintenu jusqu’à jeudi inclus, a fait savoir la société wallonne de transports en commun.

Bruxelles Mobilité présentera au gouvernement bruxellois en novembre un état des lieux complet des ouvrages d’art en Région bruxelloise, ainsi que des propositions d’investissement.

Les navetteurs ont peu souffert de la fermeture du viaduc

Malgré le faible usage des transports alternatifs, les temps de parcours n’ont pas été largement supérieurs à la normale.

Les navetteurs ont-ils souffert de la fermeture du viaduc Herrmann-Debroux ? Répondre à cette question de manière statistique relève du fantasme. Aucun organisme chargé d’analyser la mobilité en Belgique ne dispose ou ne souhaite livrer ces données. Seules données partiellement chiffrées : la fréquentation des parkings de dissuasion et des trains supplémentaires. Pour le premier point, l’attrait est resté limité.

"Lundi, une centaine de véhicules ont utilisé ces parkings, mardi - jour de grève - une vingtaine de personnes ont utilisé le parking Walibi, 15 celui de Louvain-la-Neuve et mercredi, près de 200 véhicules ont été comptabilisés sur les deux parkings", détaille-t-on au cabinet du ministre wallon de la Mobilité Carlo Di Antonio. Cela reste faible au regard de l’offre mais "le retour des usagers est très positif". La SNCB n’a pas non plus rempli ses trains. "Les deux trains supplémentaires étaient occupés par plusieurs centaines de voyageurs", explique-t-on à la SNCB sans apporter plus de précision. Occupés, donc, mais pas remplis.

Pour le reste , il faudra se contenter du ressenti des spécialistes de la question, dont fait partie Stéphane Piedboeuf, en charge de l’info-trafic pour la RTBF chaque matin de cette semaine. "On pensait tous que lundi, ça allait être la catastrophe. Au final, les temps de parcours sont restés dans la norme sur l’E411, soit environ 30 minutes de temps de retard par rapport à un lundi normal en heure de pointe : 7 h 30 - 8 h 45", commente le journaliste de la RTBF. "À cela, il fallait bien évidemment ajouter 20 minutes supplémentaires liées au passage à une voie entre le carrefour Leonard et l’entrée du viaduc Herrmann-Debroux."

Mardi, jour de grève, 400 km de ralentissement cumulés ont tout de même été constatés. Mais ils sont plus liés à une série d’accidents qu’à la fermeture du viaduc. Quant à hier mercredi, "on était, à un moment donné, à 60 minutes de temps de retard et plus de 300 km de ralentissements. Mais là encore, plusieurs accidents ont largement perturbé le trafic". Ce trafic n’a pas non plus été reporté sur le Ring de Bruxelles, constate Stéphane Piedboeuf. "Nous sommes restés à des temps de parcours supérieurs de 30 minutes à la normale sur le Ring de Bruxelles, entre Ittre et le carrefour Leonard. Soit : la norme. Même si, hier, nous étions à 40 minutes." Pour le journaliste de la RTBF, le seul impact vérifiable de la fermeture du viaduc concerne la durée de l’heure de pointe. "Elle a démarré plus tôt que d’habitude : de 6 h jusqu’à 10 h."

Viaduc : le fédéral prêt à soutenir Bruxelles

On l’a répété à l’envi. La construction, début des années 70, du viaduc Herrmann-Debroux a été décidée par le gouvernement fédéral de l’époque (CVP) sans aucune concertation avec les communes concernées, ni même le moindre permis. D’aucuns ont exigé cette semaine que le fédéral participe au réaménagement de cette entrée de Bruxelles. Le bras armé du fédéral pour le financement de gros projets urbanistiques bruxellois (Beliris) est tout à fait ouvert à la discussion. "La Région bruxelloise n’a pas encore demandé la participation de Beliris dans ce projet. Mais si elle le demande, il est tout à fait envisageable d’y inscrire ce dossier", explique-t-on chez Beliris. Dans un premier temps, Beliris interviendrait au niveau des études. Ceci dans le cadre de la négociation à venir entre la Région bruxelloise et le Fédéral sur le programme d’initiatives à mener. Plus largement, "la volonté de Beliris est de se recentrer sur les grands projets d’infrastructure et la mobilité." En plein dans le mille…