Bruxelles

Insalubre, la bicoque sise 8 place Ministre Wauters sera vidée de sa substance. Fin mars. Émotions chez ses utilisateurs…

ANDERLECHT “Sans l’Uzine, Kevin risquerait la délinquance. Pour les ados, c’est une deuxième maison…”

La fermeture de l’antenne de prévention du 8 place Ministre Wauters, Françoise Naveau ne l’avale pas. Sa fille Coralie, 12 ans s’y plaît, lors d’activités constituant autant de dérivatifs l’éloignant un brin du frérot, Kevin, “assez agressif” et en décrochage scolaire. “À l’Uzine, j’ai trouvé une aide. Ils m’ont même déjà accompagnée au tribunal.”

Las ! La bicoque, à laquelle une vingtaine de familles (120 à 150 ados par an) s’accrochent, que loue la commune au Foyer anderlechtois (380 €/mois), tombe en décrépitude. Il y a dix de jours, suite à un accablant rapport des Bâtiments communaux, le collège a tranché : la fin mars coïncidera avec une fin du bail. “Signé en octobre 2005, celui-ci l’avait été à titre temporaire et précaire”, rappelle Mustapha Akouz (PS), l’échevin de la Prévention.

Pas ça qui amoindrit l’incompréhension, à la Roue ! “Les enfants du quartier y ont trouvé un point de repère”, jure Françoise Naveau. Et celle-ci de s’obstiner : “L’Uzine, qui accueille familles et enfants à partir de 11 ans, doit rester. Je prépare une pétition…”

Bien sûr, la baraque face à la Maison des enfants compte son lot d’ateliers -cuisine, dessin, guitare, foot, photo, etc. -, de camps, de voyages; héberge deux gardiens de la paix; occupe quatre éducateurs. Mais, hors même son état, l’espace semble trop exigu. “Tout a démarré d’une plainte, au fédéral, d’un gardien de la paix, à cause de conditions de travail inadaptées”, nous glisse-t-on à l’oreille. “En séparant les toilettes de la cuisine et en aménageant les locaux des gardiens, on s’en sortirait.” D’autres voix se font dubitatives. Pourquoi avoir repeint les murs de l’Uzine, il y a trois semaines? “Le Foyer loue des logis dans le même état.” Etc.

“D’un côté, je suis contente !”, reconnaît une voisine : “On a déjà eu des misères avec eux. J’ai dû remplacer mes carreaux au moins dix fois et renforcer ma porte. Les gens ont peur…”, avoue-t-elle en se remémorant de récents faits de délinquance. “En même temps, il faut songer à quelque chose pour les jeunes.”

Président du Foyer anderlechtois, Guy Vandecasteele (Ufa), lui, comprend la décision communale. Forcément : il se souvient qu’en 2005, la SLRB (Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale) avait tiqué à l’idée que le mini-volume ne perde son affectation sociale d’origine. Sera-ce avant la St-Glin-Glin ? Allez savoir… Mais, à terme, une famille du Foyer y coulera des jours plus paisibles.



© La Dernière Heure 2012