Bruxelles En six ans, le taux de braquages dans les commerces a diminué de 45 %

Bruxelles deviendrait-elle un exemple de sécurité pour ses villes et régions voisines ? On vous en informait il y a quelques jours, le taux de criminalité en région bruxelloise a diminué de 22 % entre 2006 et 2017, chiffre qui nous démarque de la région wallonne (9 %) et du pays tout entier (13 %). Parmi les baisses majeures, on pointe les vols à main armée, en très forte diminution depuis une dizaine d’années.

Ce sont les commerces et gérants d’établissements Horeca qui sont soulagés… Alors qu’en 2011 on comptait encore 3.507 braquages et cambriolages dans des commerces de la région, "seuls" 1.948 sont recensés en 2017. Cette diminution non négligeable de 45 % en six ans s’explique par plusieurs phénomènes propres à la capitale. "Premièrement, il y a eu l’augmentation de la menace terroriste qui a énormément joué, explique Laurent Masset, porte-parole de la zone de police Marlow (Uccle, Boitsfort et Auderghem). La forte présence militaire et policière dans les rues décourage. Il y a une prise en compte du risque de la part des malfaiteurs."

Dans la zone Marlow , le nombre de vols à main armée dans les magasins est d’ailleurs passé de 70 en 2008 à... 5 en 2017 ! Une évolution que Laurent Masset associe aussi à la création d’une unité de flagrant délit, spécialement formée pour repérer les individus suspects. "Ces agents ne sont jamais en mission d’intervention, ils sont continuellement en train de suivre les individus suspects dans des voitures banalisées et réagissent rapidement à toute intervention de ces malfaiteurs", poursuit-il.

À un niveau régional cette fois, un plan de prévention et de sécurité approuvé en février 2017 met l’accent sur le secteur Horeca et les magasins. Le programme a notamment prévu un service de techno-prévention, hébergé par les différentes zones de police, qui permet aux commerçants de disposer des conseils et de la visite d’un spécialiste. Ce conseiller renseigne gratuitement les commerçants quant aux mesures mécaniques, électroniques et organisationnelles à adopter pour se protéger. Personnalisé, ce service permet ainsi d’adapter les mesures de sécurité en fonction du quartier.

Enfin, les dispositifs "télépolice", qui relient directement le commerce à la zone de police, sont subsidiés par la Région. "Ce sont des évolutions qui font réfléchir à deux fois les braqueurs. En plus, avec l’augmentation de l’utilisation du Bancontact, ils ont beaucoup moins à gagner, donc moins de tentation de prendre le risque", conclut Laurent Masset.

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