Bruxelles Les enfants ainsi que certaines personnes âgées risquent de ne plus pouvoir bénéficier d’un remboursement.

Le débat sur la prescription électronique n’a pas fini de faire parler de lui. La semaine dernière encore, le ministre bruxellois de la Santé, Didier Gosuin (Défi), était interpellé au Parlement bruxellois à plusieurs reprises à ce sujet. Pour rappel, alors que la mise en œuvre du projet était initialement prévue pour 2020, celle-ci a finalement été avancée au 1er janvier 2018 par la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block (Open VLD).

Bien que favorable au projet, cet objectif serait irréalisable selon Didier Gosuin, qui fait le point sur la situation des médecins généralistes à Bruxelles. "On estime que 30 à 40 % des médecins généralistes actifs à Bruxelles n’ont pas de dossier médical informatisé. Quant aux médecins spécialistes qui travaillent dans un cabinet privé, on estime que 80 % d’entre eux ne disposent pas non plus d’un tel dispositif", détaille le ministre.

Pour rappel, pour réaliser une prescription électronique, le médecin doit obligatoirement disposer d’un dossier médical informatisé et le patient d’une carte d’identité belge. Dès 2018, donc, seules celles-ci seront acceptées en pharmacie mais surtout… permettront aux patients d’être remboursés. Une situation qui pose problème dans certains cas particuliers.

"Il y a notamment le cas des visites à domicile pour les personnes âgées qui sont amenées à être de plus en plus importantes. Il faut aussi penser aux patients sans carte d’identité format belge, comme les enfants, les sans-papiers mais aussi les résidents étrangers."

Ces investissements informatiques risquent également de faire fuir certains médecins en fin de carrière. Afin de les aider dans cette démarche, 450.000 € ont été investis par le gouvernement bruxellois dans la formation et l’accompagnement des médecins généralistes à l’e-santé. En 2016, 425 médecins ont bénéficié de cette aide.

Seules solutions pour le ministre afin d’éviter de mettre sur le carreau une série de médecins et leurs patients : une rapide évolution technique ou une souplesse dans le timing. Une décision sur laquelle Maggie De Block n’a, récemment, pas souhaité revenir.