Bruxelles La commune de Schaerbeek souhaite "rendre la gare à ses usagers".

Depuis la fin du plan hivernal et la fermeture, le 30 avril dernier, de la Porte d’Ulysse, nombreux sont les migrants qui ont dû trouver refuge ailleurs. Retour à la case parc Maximilien pour certains. Refuge habituel dans la gare du Nord pour d’autres. Une situation problématique d’après la commune de Schaerbeek qui souhaiterait que la gare soit "rendue à ses occupants et usagers, aux navetteurs, aux commerçants et aux travailleurs".

Une situation qui devient "intenable" pour Schaerbeek, notamment vu la mixité des statuts des personnes qui passent leurs journées dans la gare : migrants, SDF et personnes en perdition. "Le nombre de personnes qui dorment dans la gare du Nord est en augmentation. Nous nous basons sur les retours journaliers de la police qui se trouve sur le terrain. Il y a de plus en plus de personnes et cela est sans doute dû à la fermeture du centre d’accueil", explique le cabinet du bourgmestre, Bernard Clerfayt (Défi).

La commune parle de rixes, de vols à la tire, de vols de bagages, de stupéfiants, ou encore d’alcool. Pourtant, elle n’a pas été en mesure de fournir des chiffres précis concernant une potentielle augmentation de l’insécurité ces dernières semaines et qui seraient donc à lier à l’augmentation du nombre de migrants présents dans la gare.

Du côté des navetteurs, la situation ne semble pas avoir beaucoup évolué. "Je passe ici tous les jours et je vois toujours des dizaines de personnes qui dorment par terre, mais je n’ai pas l’impression qu’il y en ait plus qu’avant", raconte une passante. Même son de cloche chez une commerçante. "Je travaille ici tous les jours et je n’ai pas l’impression qu’il y en ai plus ces dernières semaines. Les vols et le sentiment d’insécurité, je l’ai toujours quand je rentre chez moi le soir tard, en bus, mais je n’ai pas l’impression que cela soit dû à une augmentation du nombre de migrants", raconte-t-elle.

En nous promenant dans la gare du Nord, ce vendredi matin, la situation était tout autre. En effet, les couloirs étaient quasiment déserts. "Cela fait un an que je travaille ici et je n’ai jamais vu cela. D’habitude, dans ce couloir (celui qui se trouve au niveau -1 et donne accès aux bus, NdlR) , il y a au moins 200 personnes, tous les soirs. Aujourd’hui, ils sont une dizaine. Je ne sais pas comment ça se fait", explique un agent de sécurité. L’information est confirmée par un technicien de surface. Ce matin, vers 11h, les personnes qui dorment sur des cartons dans la gare sont réveillées pour permettre au personnel de nettoyer le sol. Aussitôt passé, tout le monde se remet en place. Aujourd’hui, ils étaient une poignée, et cela est sans doute dû à l’intensification des actions sur le terrain.

Une présence policière renforcée

Vu l’intensification des problèmes, la police renforcera sa présence dans la gare du Nord. Une patrouille de trois hommes sera présente dans la gare. En plus de ses trois missions particulières (contrôle au moment des distributions de repas, au moment de la fermeture de la gare et au niveau des vols), la zone de police mettra également en œuvre une patrouille de deux hommes à l’extérieur de la gare. Des policiers de la brigade canine et des transports seront mobilisés. Une présence dans les quartiers voisins sera aussi assurée.