Les Petits Riens dévalisés

Nathan Gonze Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Selon l’ASBL, deux bulles à vêtements sont vidées illégalement de leur contenu par semaine

Aux Petits Riens, on en a ras-le-bol. De plus en plus, leurs bulles à vêtements de seconde main sont systématiquement pillées. “On a toujours été confronté au problème. Mais ces derniers temps le phénomène va en augmentant ”, déplore Laurent Cambier, directeur Textile aux Petits Riens. C’est que le marché de la friperie a le vent en poupe et certaines personnes peu scrupuleuses en profitent. “Les magasins de seconde main marchent très bien en période de crise. De plus, la demande des pays africains est inextinguible” , ajoute Laurent Cambier.

Dès lors, les vols sont fréquents et commis par deux types d’individus. “Il y a d’abord les petits voleurs de style gitan. Ils volent les vêtements pour leurs besoins personnels ou pour la revente à petite échelle. Ils ne volent que les belles pièces et abandonnent les autres. Nous devons ensuite régulièrement nettoyer les alentours de la bulle.” Un véritable fléau pour l’ASBL, contrainte d’employer trois personnes et un camion à temps plein pour ce nettoyage.

À Saint-Gilles, la commune a carrément fait retirer tous les containers de l’association, il y a environ six mois. Pas seulement à cause de la saleté ou des dégradations, mais aussi pour des raisons de sécurité. Certains voleurs avaient été vus en train d’introduire des enfants dans les bulles.

Autre profil de voleurs, les bandes organisées qui lorsqu’elles n’arrivent pas à forcer les bulles au pied-de-biche, les renversent purement et simplement. “Les bandes organisées pratiquent un pillage systématique. Elles disposent d’ateliers clandestins et de petites chaînes de tri. Elles font le même métier que nous. Mais sans finalité sociale.”

Du coup, selon les Petits Riens ce sont en moyenne deux bulles qui sont entièrement vidées de leur contenu par semaine, générant un manque à gagner “important” mais “impossible à chiffrer”.

Et le phénomène ne ferait qu’empirer. “On demande un soutien des communes et de la police pour arrêter ces gens. La police pourrait facilement prendre des voleurs en flagrant délit. Mais ça ne semble pas du tout être une priorité.”



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