Bruxelles

A l'image des autres secteurs bruxellois du non marchand, qui jouissent d'un total de 25 jours de congé par an, les travailleurs des maisons de repos et de soins (MR et MRS) de la capitale souhaiteraient arriver à ce total, en demandant trois jours de congés supplémentaires. 

Leur revendication est remontée jusqu'aux ministres bruxellois et un pré-protocole d'accord doit être signé pour ce mercredi. La Fédération des maisons de repos (Femarbel), l'une des fédérations professionnelles du secteur, refuse cependant à présent de signer le texte "sous de fallacieux prétextes", déplore mardi le front commun syndical. Cette problématique des congés fait partie de négociations plus globales en cours sur le non marchand entre la Région bruxelloise et les syndicats. Depuis la 6e réforme de l'Etat, la compétence sur les maisons de repos (et de soins) a en effet été régionalisée. Environ 20% des structures y sont publiques, 20% émargeant au secteur privé non marchand et le solde au marchand. Femarbel fait partie de cette dernière catégorie.

Comme le rappelle Yves Dupuis, du Setca, les autres secteurs bruxellois du non marchand jouissent déjà, depuis un accord de 2001, de 20 jours de vacances annuelles. Viennent s'y ajouter quatre autres jours, comme en bénéficiaient les travailleurs des hôpitaux, et le jour de congé équivalent à la fête de la communauté flamande ou française. Ce qui fait un total de 25 jours.

Les maisons de repos et de soins ne totalisent, elles, que 22 jours de congé. "Les travailleurs de ce secteur ont un métier fatiguant, épuisant et stressant tant pour leur état psychique que physique. Ils ont besoin de repos", justifie le front commun CSC-ACV, FGTB-ABVV et CGSLB-ACLVB. Les syndicats rappellent que la plupart de ces personnes sont des femmes et que se profile la problématique des pensions et de la remise au travail des travailleurs en maladie longue durée.

Des négociations entre partenaires sociaux ont abouti à un pré-protocole d'accord, qui doit être signé ce mercredi au cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. Le texte prévoyant les deux jours de congé supplémentaires sera applicable aux signataires, parmi lesquels figurent toutes les organisations syndicales et deux fédérations d'employeurs. Femarbel refuse, elle, finalement de signer le texte, déplore le front commun mardi.

Il serait regrettable de devoir sacrifier la paix sociale de ces entreprises par des actions en tous genres, ajoute Yves Dupuis. "On va mobiliser nos affiliés encore plus fortement dans les maisons de repos en vue de la manifestation interprofessionnelle du 16 mai contre la politique fédérale sur les pensions", prévient le syndicaliste socialiste. Une action en front commun devant le siège de Femarbel est, en outre, à prévoir dans les semaines à venir.