Bruxelles Voitures qui roulent à tombeau ouvert, non-respect du code de la route, etc. Les Schaerbeekois sont à bout de nerfs

Vers 15h, ce dimanche, un père et sa fille de cinq ans se sont fait renverser par une voiture au croisement de l’avenue des Azalées et de la rue des Pâquerettes, à Schaerbeek.

Cet accident n’a rien de surprenant pour Lisiane Delamarche, une habitante d’une rue perpendiculaire à l’avenue des Azalées. "Les voitures roulent extrêmement vite dans cette avenue. Lorsque je veux traverser, en tant que piétonne, je ne m’engage jamais directement. Les voitures roulent comme des dingues et ne s’arrêtent pas. Les conducteurs lèvent la main pour s’excuser mais c’est trop tard", explique cette habitante. Il faudrait, selon Lisiane, mettre des feux de signalisation. "Cela permettrait aux voitures de vraiment marquer le stop quand le feu est rouge", estime-t-elle . Une solution contestée par le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (Défi), "Mettre des feux où il n’y a pas assez de trafic poussera les automobilistes à ne pas les respecter".

Même constat à la chaussée d’Haecht à Schaerbeek. Ilda, serveuse au café le Coin d’Or, explique que les accidents sont fréquents. "Il y a quatre jours, il y a encore eu un accrochage entre deux voitures. Rien de grave mais ça arrive souvent". À la question de savoir si les voitures roulent vite, la réponse est claire : "Oui". Elle a entendu dire, par les clients, que les contrôles de vitesse ont été multipliés. "Les voitures sont donc un peu plus calmes". 

Rappelons que le 7 novembre 2017, une journaliste de 28 ans a perdu la vie, fauchée par une voiture sur cette même chaussée. La vitesse était jugée excessive. Il était impossible, pour le chauffeur, de freiner à temps et d’éviter la piétonne.


Depuis dix ans, la chaussée d’Haecht est devenue une voie prioritaire. "Ça invite peut-être à plus de vitesse", confie le bourgmestre, "ça donne un faux-semblant que nous pouvons aller vite". Et l’édile de se poser la question quant à ce changement : "Était-ce vraiment nécessaire et opportun ?" C’est selon lui un point qu’il convient de repenser et il interpellera la Région bruxelloise. En effet, cette chaussée est une voirie régionnale et ne dépend donc pas de la commune de Schaerbeek.

Thierry Delescaille, pharmacien depuis 1983 sur cette même chaussée, déplore, lui, l’agressivité des automobilistes. "Ça klaxonne tout le temps ici. Il y a beaucoup trop de trafic. Les gens sont nerveux, il y a beaucoup d’agressivité au volant. Les automobilistes veulent toujours aller vite car ils sont souvent pressés". Mais les accidents ont lieu depuis des années sur cette chaussée. Cette problématique n’est pas neuve. "Il y a quelques années, je me retrouve au croisement chaussée d’Haecht et rue Henri Jacobs, une voiture est à l’arrêt, elle regarde à droite, mais pas à gauche, elle s’élance et c’était la collision avec une voiture qui arrivait à sa gauche. Avec la force du choc, la voiture a presque été projetée sur moi. Il n’y a pas eu de blessés mais nous sommes très vulnérables en tant que piétons." 

Selon ce pharmacien, le problème n’est pas spécialement la vitesse mais les gens qui roulent mal." Il faudrait rééduquer les personnes à bien conduire." Pour Thierry Delescaille, ça doit commencer dans les écoles où les enfants doivent, selon lui, déjà apprendre le code de la route. "Si les enfants rappellent à leurs parents comment bien rouler, ça aura peut-être plus d’effet que de simples contrôles de vitesse. Il y aura alors un impact sentimental", conclut ce pharmacien.