Bruxelles

Une zone 30 généralisée en Région bruxelloise ? L’idée avait fait polémique il y a quelques mois avec le projet (mort-né) de la secrétaire d'Etat bruxelloise à la Sécurité routière Bianca Debaets (CD&V) et du ministre de la Mobilité Pascal Smet (sp.a).

La mise en place des zones 30 était prévue initialement dans le plan de mobilité Iris 2 : faire du 30 km/h la règle et du 50 km/h l'exception. Une limitation “peu crédible” pour Touring qui avait critiqué la proposition de l’époque et qualifiait cette mesure “d’inadéquate pour de nombreuses routes”. Pourtant, l’idée semble faire son bonhomme de chemin au niveau communal.

Selon les estimations de la télévision régionale bruxelloise BX1, 55% du territoire de la capitale belge est actuellement limité à 30 km/h. La commune de Schaerbeek est, elle, passée à la vitesse supérieure et ambitionne d’appliquer cette limitation à l'entièreté du territoire communal d’ici la fin de l’année. Seuls quelques grands axes resteront à 50 km/h.

Le nord d’Ixelles passera lui aussi prochainement en zone 30. A partir du 30 juin prochain, une fois le réaménagement de la chaussée d’Ixelles terminé, l’ensemble des rues situées à l’intérieur du pentagone dessiné par la petite ceinture, la rue du Trône, la rue Malibran, la rue Lesbroussart et l’avenue Louise vont être limitées à 30 km/h.

Si les communes tendent vers une généralisation de ce type de mobilité c’est avant tout pour une question de sécurité routière. Les accidents à 30 km/h sont non seulement moins nombreux, mais aussi beaucoup moins graves qu’en zone 50. "Les chiffres parlent d'eux-mêmes: le nombre d’accident avec blessés ou tués a diminué de 25% dans les communes en zone 30 et de 40% pour les accidents graves et mortels”, constate Benoit Godart, porte-parole de Vias, l'Institut belge pour la sécurité routière. “Réduire la vitesse en ville, c'est assurer davantage de sécurité sur nos routes."

La sécurité n’est pas le seul avantage : l’argument environnemental est lui aussi non négligeable. Les zones 30 permettent non seulement une diminution de la pollution atmosphérique mais également sonore, avec une réduction de trois à quatre décibels du bruit ambiant pour les quartiers concernés. “On constate donc une baisse de moitié de la perception de l’intensité du bruit, ce qui favorise la convivialité et le bien-être des habitants de la commune”, déclare Benoit Godart.

Les craintes d’embouteillage sont réels pour les automobilistes lorsque l’on parle de ces zones à vitesse limitée. "Contrairement à ce que certains pensent, le trafic devient plus fluide, avec un effet positif sur les bouchons”, affirme Denis Grimberghs (cdH), échevin schaerbeekois de la Mobilité. En effet, le trafic est plus fluide à 30 km/h car la distance entre deux voitures est plus petite. “Un véhicule qui roule à 30km/h aura besoin de 12 mètres pour s’arrêter contre 26 mètres à 50 km/h”, précise Benoit Godart. “En d’autres termes, on peut faire passer davantage de voiture sur le même laps de temps”.

Afin de diminuer la vitesse, il est impératif d’aménager l’espace public. Environ 90% des automobilistes ne respectent pas les zones 30 actuellement. “Diverses solutions sont envisageables : des rétrécissements de voirie, un dos d'âne, des priorités de droite qui obligent à ralentir ou encore des parkings aménagés de telle sorte qu'ils favorisent le ralentissement de la vitesse”, ajoute Benoit Godart.

Quelles communes appliquent les zones 30 ?

Dans le centre, l’ensemble de la Petite Ceinture est en zone 30 voire en zone piétonne (entre la Bourse et Rogier). Du côté de Saint-Josse, autour du quartier Loi-Belliard et à Anderlecht et Saint-Gilles, près de la gare du Midi, ces zones se font plus rares. 

Du côté d’Anderlecht, ce sont surtout les quartiers résidentiels du nord-ouest de la commune qui bénéficient des zones 30. La rive “Midi” du Canal de Bruxelles ne dispose pas de limitation. Le boulevard Industriel est même limité à 70 km/h vers le Ring. 

À Forest, les zones 30 sont très limitées, et ne concernent pas des quartiers, mais quelques rues à divers endroits. Au contraire de son voisin ucclois.

A Etterbeek, Auderghem et Watermael-Boitsfort, ces zones 30 sont très nombreuses. Le quartier universitaire par contre, est moins limité.

Du côté de Woluwe-Saint-Pierre et de Woluwe-Saint-Lambert, les zones 30 sont également vastes. Seuls les grands axes (Boulevard du Souverain, Avenue de Tervueren,…) ne sont pas concernés.