Bruxelles

Série (3/5) : Les crimes célèbres à Bruxelles par Florence Scherpereel

Le meurtrier de Loubna ne fut arrêté que cinq ans après sa disparition

IXELLES La petite Loubna voulait juste s’acheter un yaourt. Sur le chemin entre chez elle, rue Gray, et l‘Aldi de la rue Goffart, elle a disparu le 5 août 1992. Dès sa disparition, le quartier se mobilise. Le parquet de Bruxelles, lui, met six jours à s’intéresser à l’affaire. À défaut d’indices probants, l’enquête s’épuise. Des suspects sont interrogés. Mais cela ne donne rien. On ne vérifie pas les alibis.

Il aura fallu l’éclatement de l’affaire Dutroux et la constitution comme partie civile des parents de Loubna à Neufchâteau pour que l’enquête démarre réellement.

Quatre ans et demi plus tard, le dossier est exhumé. L’enquête se penche sur un certain Patrick Derochette, garagiste dans le quartier et incarcéré en 1984 pour des faits d’attentat à la pudeur. En 1992, il avait déjà été auditionné.

Il avait confessé connaître Loubna de vue et avait donné un alibi sérieux qui ne fut ni vérifié… ni remis en cause. Il déjeunait soi-disant avec son frère entre 11 h 30 et 13 h 30. Pourtant, en 1997, on a pu démontrer que le repas n’avait pas duré si longtemps et que, vers 12 h 30 déjà, Derochette était de retour, et avait pu enlever la fillette. A l’époque, la station-service avait été sommairement fouillée par la police d’Ixelles. Le corps était déjà dans la cave !

Le 5 mars 1997, les policiers décident de se rendre chez le pompiste. “J’ai déjà été entendu pour cette affaire”, leur déclarera Derochette. La perquisition peut commencer. Dans la cave de la station-service, des restes humains appartenant à un enfant sont découverts dans une malle métallique. C’est la petite Loubna.

Lors de son audition, la salle d’interrogatoire a été meublée de bouteilles de whisky vides pour faire pression sur Patrick, l’alcoolique, pour provoquer son sentiment de manque.

À 23 h 05, Patrick Derochette passe bel et bien aux aveux : il admet avoir enlevé Loubna, l’avoir tuée immédiatement après lui avoir fait subir des sévices sexuels…



© La Dernière Heure 2010