Bruxelles Une nouvelle étude va passer au crible les nouvelles formes de prostitution.

Que sait-on de la prostitution étudiante ? Est-ce un phénomène peu ou fortement développé à Bruxelles ? Quelles sont les motivations de ceux et celles qui s’adonnent à cette activité ? Quelles sont les différences avec la prostitution de rue ? Comment est vécue cette forme de prostitution ?

Ce phénomène méconnu et encore peu étudié sera prochainement mis en lumière. Une étude commandée par la ministre bruxelloise en charge de l’Action sociale et de la Famille, Céline Fremault (CDH), sera entièrement consacrée aux nouvelles formes de prostitution telle que la prostitution étudiante. Financée par la Cocom à hauteur de 10.000€, cette étude permettra de collecter et d’objectiver davantage de données sur ce sujet encore tabou.

"Les conclusions de cette étude viseront à établir des recommandations pour enrayer ce phénomène, tant en termes de prévention qu’au niveau de la prise en charge psychosociale des étudiantes et des étudiants en proie à la prostitution. La réalisation de campagnes devra aussi être envisagée afin de lutter contre le recrutement sur les sites Internet d’escortin g", précise la ministre Fremault.

Cette dernière insiste pour que l’on utilise les termes prostitution étudiante et non les termes prostitution estudiantine qui renvoient à une conception erronément plaisante de la situation des concernés. "Ce que révèlent les rares travaux réalisés jusqu’à présent, c’est qu’il s’agit bien d’une activité prostitutionnelle à part entière, auquel est consacré un temps significatif engendrant un investissement psychologique très intense pour des rétributions dérisoires. On est donc bien loin des clichés suivant lesquels la prostitution étudiante viserait à se faire un peu d’argent de poche pour payer ses sorties et des vêtements de marque."

Plusieurs associations militantes parmi lesquelles le Monde selon les Femmes et Isala estiment d’ailleurs que la prostitution étudiante peut causer une disjonction corps-esprit, ce qui démultiplie les risques de décrochage. Dans l’impossibilité de se confier par crainte que cela nuise à leur parcours universitaire, les étudiants concernés seraient également très isolés.