Bruxelles

Quelque 14.000 personnes, selon la police, ont manifesté mardi à Bruxelles pour réclamer de meilleures conditions de travail dans le secteur dit "non-marchand", estimant que les hôpitaux, maisons de repos et autres centres culturels "manquent de bras".

Les syndicats, qui attendaient 10.000 personnes, évoquent 17.000 participants. Cela fait des mois que les syndicats réclament de nouveaux accords sociaux pour les secteurs non-marchands, qui recouvrent les hôpitaux, les maisons de repos, le socio-culturel ou encore l'aide à la jeunesse.

Ces accords pluriannuels doivent être négociés au fédéral, mais aussi au niveau régional et communautaire. Plusieurs réunions se sont tenues au cours des dernières semaines, mais sans avancées concrètes, regrettent les syndicats.

Après une première manifestation nationale en novembre 2016, le front commun (CNE, Setca, CGSLB) avait donc donné rendez-vous mardi près de la place Rogier d'où le cortège rouge, vert et bleu est parti vers 10h45.

Aucun gouvernement n'a jusqu'ici dégagé de budget pour avancer dans les négociations, a rappelé Christian Masai, secrétaire national au Setca. "Lors du dernier contrôle budgétaire, il a été question de 15 millions d'euros pour les négociations au niveau fédéral, mais cela serait totalement insuffisant."

Les réunions qui se sont tenues jusqu'ici avec les responsables politiques "relèvent de l'occupationnel, alors qu'on nous a promis des accords avant l'été", a souligné Eric Dubois, secrétaire national de la CGSLB.

Les travailleurs réclament notamment une réduction collective du temps de travail avec des embauches compensatoires, ainsi qu'une amélioration du pouvoir d'achat.

"Dans les secteurs qui dépendent du fédéral (ex: hôpitaux, ndlr), les travailleurs ont connu une augmentation de 1% en 2001 et plus rien depuis", a relevé Patricia Piette, secrétaire nationale à la CNE.

La manifestation s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, les militants libéraux portant par exemple des lunettes de soleil en ce premier jour de printemps, en hommage aux décisions politiques qui "brillent par leur absence et éblouissent les travailleurs".

Dans les rangs du cortège, des travailleurs du secteur de la santé et des maisons de repos, de l'associatif également (CNCD, Oxfam), mais aussi de la culture. Le nord du pays était par ailleurs fortement mobilisé.

Au rayon politique, les partis Ecolo et PTB étaient sur place et ont applaudi l'importante mobilisation des militants.

Le cortège est arrivé dans le quartier Sainte-Catherine peu après midi, où les participants étaient invités à prendre un pique-nique symbolique. Plusieurs militants y ont pris la parole publiquement pour livrer leur témoignage.

Emilie Marchal, déléguée CNE Brabant wallon, a notamment évoqué la situation des maisons de repos en Wallonie et à Bruxelles. "Les grands groupes ont pris énormément de poids ces dernières années et contrôlent aujourd'hui plus de 50% des lits", a-t-elle expliqué à la foule. "Ils sont motivés par une logique purement marchande et les directions locales n'ont quasiment plus de poids. Résultat: les conditions de travail se dégradent et il est inadmissible que les services aux personnes âgées en pâtissent, le tout avec l'aval des pouvoirs publics."

L'action syndicale s'est ensuite terminée en musique en début d'après-midi.

Pour la suite, une réunion est prévue jeudi au niveau fédéral, avant une rencontre le 31 mars avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au niveau régional, rien n'est programmé. Une autre manifestation est d'ailleurs prévue le 28 avril à Namur pour dénoncer l'immobilisme du gouvernement wallon dans le cadre des négociations.