Bruxelles

Les opposants décrient le manque de transparence et d'humanité du projet.

Le 18 juillet dernier, un communiqué de la Régie des Bâtiments annonçait que les premières pierres du chantier de la prison de Haren seraient posées dès la fin de l'été sur la friche du Keelbeek. Le 30 juillet, des occupants du terrain en question ont d'ailleurs reçu un avis d'expulsion, avec un délai de deux semaines. L'Assemblée Générale Libre et Ouverte de Keelbeek a ouvertement exprimé son intention de s'opposer aux travaux qui s’annoncent pour les prochaines semaines.

Ce nouvel établissement pénitentiaire devrait voir le jour sur un terrain de 19 hectares et prévoit l'incarcération de près de 1.200 personnes. Il doit venir remplacer les prisons délabrées et surpeuplées de Saint-Gilles, Forest et Berkendael. En tant que véritable village carcéral, il sera composé deux maisons d’arrêt pour hommes, d’une maison de peine pour hommes, d’un centre fermé pour femmes, d’un centre ouvert pour femmes, d’un centre d’observation, d’un département psychiatrique et centre médical.

Anti-social, anti-démocratique, anti-écologique, et économiquement désastreux...Ce sont les critiques qui fustigent ce projet. "En 2008, le ministère de la Justice avait abouti à un masterplan pour une infrastructure carcérale plus humaine préconisant la construction de prisons accueillant maximum 400 personnes. En 2010, les ministres ont pourtant rendu public le projet de cette maxi-prison pour une capacité de 1.190 détenus...", déplore l'assemblée dans un communiqué. "Une infrastructure aussi grande évoque un fonctionnement industriel", et s'éloigne dès lors complètement de la place qu'on devrai donner à l'humain dans le milieu carcéral.

Dans son communiqué, l'Aglo décrie aussi la hausse de trafic routier que ce projet va engendrer, le site étant encore plus éloigné du palais de justice, le manque de transparence autour des décisions, et enfin l'atteinte à la biodiversité du site.