Maximum 4 mendiants par rue

Pa. D. Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Un nouveau règlement limite la présence des mendiants dans les quartiers commerçants d’Etterbeek. Une première…

ETTERBEEK Ceux qui fréquentent la rue des Tongres l’auront sans doute déjà remarqué : l’artère commerçante semble fort appréciée des mendiants et des SDF. Déjà en 2010, certains commerçants craignaient de voir la recrudescence de la mendicité nuire à la réputation de cette rue bourgeoise.

Face à un tel constat, les autorités communales ont modifié, le mois dernier, un article du Règlement général de police concernant la mendicité. Dorénavant, la présence de mendiants sera limitée à quatre sur une même artère ou sur une même place. Cette mesure concernera notamment les quartiers commerçants suivants : la rue des Tongres et rue Bâtonnier Braffort, rue des Champs, rue de Tervaete et rue de Pervyse, avenue de la Chasse, chaussée de Wavre, place Jourdan, etc. C’est la première fois qu’un tel règlement est pris en Région bruxelloise.

Concrètement, comment ce règlement sera-t-il appliqué ? “De façon humaine et souple , assure le bourgmestre d’Etterbeek Vincent De Wolf (MR). Il ne s’agit certainement pas d’un moyen détourné de chasser le mendiant mais simplement de limiter les excès. Si les agents de quartier constatent que six mendiants sont présents sur un même tronçon mais que c’est paisible, ils ne feront rien.”

Seuls les mendiants responsables de troubler l’ordre public devraient donc être concernés par le nouveau règlement. “Par exemple, les personnes ivres qui insistent pour recevoir quelque chose, celles qui sont accompagnées d’un chien menaçant ou qui restent juste à côté de vous lorsque vous retirez de l’argent au Bancontact” , précise le maïeur.

Ce règlement devrait surtout servir d’instrument pour maintenir la paix publique et éviter ainsi les tensions de plus en plus grandes entre commerçants et mendiants. “Mais les habitués qui n’embêtent et ne menacent personne sont toujours les bienvenus. D’ailleurs de nombreux riverains les apprécient et les connaissent même par leur prénom.”

Pour le président des commerçants de la rue des Tongres, l’opticien Serge Mauroit, ces mesures sont loin d’être suffisantes : “Je suis à 100 % contre la politique de la commune qui tolèrent ces faux pauvres qui reçoivent de l’argent du CPAS et viennent mendier ici, ce qui diminue le standing de la rue. Ce que le règlement va changer ? Rien ! Quand un mendiant s’en va, deux autres arrivent…”

Pour l’heure, l’article modifié dans le règlement général de police n’est pas encore d’application. Il le sera normalement dans les prochains jours, après approbation par la Région.



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