Bruxelles

Les élèves de l’athénée Robert Catteau ont manifesté contre le harcèlement

BRUXELLES-VILLE “J’avais toujours donné cours dans l’enseignement professionnel et en arrivant ici, je ne m’attendais pas à ce qu’il puisse y avoir des problèmes de harcèlement entre les élèves” , lâche d’emblée Sabine Dannau, qui enseigne le néerlandais à l’athénée Robert Catteau depuis deux ans. Malheureusement, aucune école ne semble épargnée par ce problème de société. “L’année passée, une fille qui était en cours avec moi a changé de classe… Elle subissait des humiliations et des critiques” , se souvient Margharita, élève de 2 e secondaire.

C’est cet événement qui a poussé Sabine Dannau à aborder le sujet en classe. Inspirée par le réseau flamand Kies Kleur tegen pesten qui contribue à la réduction des problèmes de harcèlement chez les jeunes, l’enseignante a proposé à ses élèves d’apprendre en classe la chanson Move tegen pesten . “Je leur avais proposé d’aller regarder la vidéo sur Internet pour voir ce qu’ils en pensaient et spontanément, plusieurs d’entre eux ont appris par coeur la chorégraphie” , explique-t-elle.

Hier après-midi, toutes les classes de 2e année ont donc dansé et chanté, sous des trombes d’eau, à l’occasion d’une journée d’action contre le harcèlement qui s’est clôturée par un lâcher de 300 ballons sur lesquels étaient écrits des messages dans les deux langues nationales. “Moi, je ne pourris pas la vie des autres !” , pouvait-on notamment lire. “Il s’agit donc d’un engagement” , indique Sabine Dannau. “Seuls ceux qui étaient volontaires ont participé. Cela fait 300 élèves sur 400. Le vrai problème est donc qu’il reste encore pas mal d’indifférence…”

Grâce aux débats qui ont eu lieu en classe, on sent qu’il y a eu une prise de conscience chez ces jeunes adolescents. “Le harcèlement comprend le fait de maltraiter quelqu’un physiquement ou psychologiquement. En fait, c’est très courant à l’école mais je crois maintenant que cela va diminuer” , confie Camélia. Le proviseur, Laurent Genot, est du même avis : “Désormais, nos élèves osent parler de ce qu’ils ressentent en cas de harcèlement. Ces actions ont servi de coup de pouce pour délier les langues !”



© La Dernière Heure 2012