Bruxelles

Trois décennies d’interventions de la Région dont le point final était l’inauguration du bâtiment Vandermaelen, près de la maison communale. 

Tout a commencé dans les années 60, avec le projet d’élargissement du canal de Bruxelles. Du côté Bruxelles-Ville, rien ne devait bouger, mais du côté de Molenbeek, plus aucun investisseur privé ne voulait investir de peur de se faire exproprier. Le projet a pris fin en même temps que la Région s’est créée et depuis 30 ans, le visage de Molenbeek entre Yser et la Porte de Ninove s’est métamorphosé. 

En 1990, l’arrivée du métro avait percé une saignée ravageuse dans le tissu urbain molenbeekois. Cette grande faille séparait deux quartiers densément peuplés, autour de rues très étroites. L’idée alors ? Aérer ce quartier le plus possible et réinvestir dans une Molenbeek que tout le monde fuyait (tout comme Bruxelles au sens large). 

Tout au long de ces trois décennies, la volonté de Citydev. brussels a été de créer un tissu urbain où il fait bon vivre et surtout accessible aux revenus les plus bas. On parle du grand bâtiment gris surnommé la boite de conserve, à l’angle de la chaussée de Gand et du quai des Charbonnages, des logements situés au coin de la rue Sainte-Marie et du quai des Charbonnages, ou encore beaucoup plus récemment, du bâtiment Piers-Scmitz gris et jaune à Etangs-Noirs. 

© Citydev
 

En tout, ce sont 17 bâtiments qui ont été créés ou transformés par la Région depuis 1993, pour un total de 346 logements créés accessibles à l’achat à certaines conditions : le revenu du ménage ne peut pas dépasser un plafond de 60.000€ brut, notamment. “Environ 80 % des gens qui achètent rentrent même dans les conditions du logement social”, souligne l’échevin du Logement, Karim Majoros (Ecolo). 

Pendant 30 ans, la Région s’est donc attachée à définir ce qu’était le logement moyen, un concept qui change encore aujourd’hui. “Un logement moyen dispose d’un espace un peu plus luxueux, il est mieux équipé et comprend une terrasse sur laquelle on peut vivre, donc pas simplement un balcon”, explique Benjamin Cadranel, administrateur général de Citydev. 

Aujourd’hui, Citydev va un pas plus loin en ne créant plus simplement des logements mais des habitats, c’est-à-dire des endroits dans la ville où il est possible de vivre de manière confortable, de rencontrer ses voisins, d’avoir des commerces et des services à proximité, tout en profitant d’un lieu de vie agréable (d’une terrasse ou d’un jardin, par exemple). “Je ne pense plus que les générations futures vont vouloir quitter Bruxelles pour une villa avec un jardin depuis laquelle il faudra deux heures dans les embouteillages pour aller travailler”, commente-t-il. Et Karim Majoros de rajouter : “aujourd’hui, ce type de construction permet aux bruxellois qui n’ont pas beaucoup de moyens de rester vivre dans leur quartier.” 

Ce mardi, le bâtiment Vandermaelen a été inauguré et représente la dernière pierre des 30 années d’intervention de citydev dans le quartier de la Rive Gauche. Constitué de 31 logements, il est entièrement passif et compte même 30 % de logements zéro énergie (qui ne consomme aucune énergie, voire même en produisent). Il est l’exemple de ces fameux quartiers que la Région veut construire puisqu’il est situé au cœur de Molenbeek, à deux pas de la maison communale, du canal, des transports en commun, des commerces et même de la crèche qu’il jouxte et qui a été créée dans le cadre d’un contrat de