Bruxelles À l’Athénée royal Serge Creuz, tout le monde se mobilise pour soutenir la jeune bangladaise

En classe, rien ne semble la distinguer des autres élèves de l’Athénée royal Serge Creuz. Oishi, une jeune fille de 18 ans est une très bonne élève avec plein d’amis. Aussi, quand elle reçoit l’ordre de quitter le pays ce dimanche au plus tard, c’est une surprise, un choc terrible pour beaucoup.

Les réactions de soutien ne tardent pas : une pétition en ligne et une autre sur papier tournent et elles ont déjà récolté plus de 2.000 signatures. "Toute l’école est derrière elle. Ce n’est pas normal d’exclure quelqu’un qui est ici depuis sept ans. Tout ce que nous demandons, c’est qu’Oishi puisse terminer sa scolarité en toute sérénité chez nous et qu’elle puisse rester en Belgique", ajoute Philippe Nevraumont, proviseur de l’athénée.

La jeune fille a vécu jusqu’à ses 11 ans au Bangladesh. Tout bascule quand le gouvernement change. Son père, opposant politique, et sa mère sont emprisonnés et torturés. La famille fuit le pays et s’installe en Belgique. Depuis, elle a reçu plusieurs fois l’ordre de quitter le territoire.

Le dernier s’adresse uniquement à Oishi et se solde désormais d’une interdiction de territoire en Belgique pour une durée de trois ans. Mais le reste de sa famille est également menacé d’expulsion car elle reste sous le coup des ordres précédents. Cela n’empêche pas la jeune fille d’assister aux cours : "J’ai peur, mais rester chez moi me déprime alors qu’à l’école, je suis entourée de mes amis et de mes professeurs", confie-t-elle.

En attendant, Oishi a introduit une demande de passeport auprès de l’ambassade du Bangladesh. "Étant donné que la jeune fille est en rhétorique et que l’année scolaire touche à sa fin, on est souvent plus tolérant. Il est possible qu’on prolonge l’ordre de quitter le territoire afin de lui permettre de terminer sa scolarité", précise Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers.

La situation de cette élève fait penser au cas du jeune Lajoie Malekusa et de sa mère qui avaient aussi été menacés d’expulsion.