Bruxelles Ces mots chocs sont de Teun Voeten, photographe hollandais et ancien résident de la commune bruxelloise. Il confesse avoir fui une commune transformée, en certains endroits, en enclave ethnico-religieuse au sein d'une communauté fermée et figée.

Le photographe de guerre, qui a trimbalé son matériel en Irak, au Rwanda et en Afghanistan notamment, s'est expliqué d'abord dans un entretien accordé au site Brusselsnieuws.be et ensuite dans Het Laatste Nieuws.  Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il y lance une véritable bombe sur la vie quotidienne dans cette entité bruxelloise. Il ne mâche pas ses mots. " Tout y est devenu gris, tout y respire le pessimisme. Le radicalisme et la grisaille de ma rue m'ont rendu dépressif. J'ai trouvé terrible que des personnes tentent dans la rue de me convertir à l'islam.

L'ancien habitant de Molenbeek s'inquiète surtout du fait que les allochtones de diverses origines épousent de plus en plus les discours et idées de l'extrémisme religieux. " La vie à Molenbeek, du moins dans le bas de la commune, est dirigée par le fondamentalisme islamique qui conduit à voiler les femmes et à éloigner les homosexuels et les juifs du territoire. Je ne vois aucune solution à court terme. Je dirais l'enseignement, une certaine forme de philosophie mais je serais taxé de gauchiste bien-pensant... "

Le photographe s'attarde aussi sur les causes de la haine et du fanatisme: la misère et le manque de perspectives d'avenir. " Et de plus en plus de jeunes, affirme-t-il , sont aveuglés par la haine et le racisme diffusés par des fondamentalistes qui se "revendiquent" de l'Etat islamique.De nombreux jeunes se perdent dans cette image irréaliste. Les mots sont durs mais il faut pouvoir les dire si nous voulons vivre à nouveau tous ensemble..."

Un tableau de sa commune que ne partage pas l'échevine au développement durable Annalista Gadaleta (Groen) qui vit dans un quartier populaire de Molenbeek. " La vie n'est pas rose tous les jours, je le concède. Je pense que les nouvelles générations issues de l'immigration ont une parole plus libre que leurs parents et veulent se faire entendre. Le fondamentalisme concerne une minorité d'habitants. De belles choses se font à Molenbeek dans la vie quotidienne. Dans de nombreux quartiers, l'harmonie et le vivre ensemble existent bel et bien. Il faut tout faire pour le maintenir, notamment via l'enseignement. C'est notre tâche à tous", conclut-elle.