Bruxelles Malgré un bilan jugé positif, Françoise Schepmans (MR) n’entend pas généraliser l’interdiction.

Dans un peu plus de 15 jours, l’ordonnance de police prise par la commune de Molenbeek visant à l’interdiction de rassemblement aux alentours de la station de métro Beekkant prendra fin. L’heure est donc au premier bilan.

Entre le 16 mars et le 1er mai dernier, 51 personnes ont été contrôlées dans le périmètre, d’après les chiffres communiqués par le cabinet de la bourgmestre Françoise Schepmans (MR). De plus, 43 PV ont été dressés par la police de la zone ouest pour divers motifs tels que trafic de stupéfiants, vol et, bien entendu, non-respect de l’ordonnance.

Pour rappel, depuis la mi-mars, les rassemblements de plus de trois personnes sont interdits entre 21 h et 5 h du matin aux abords de la station. L’objectif de cette mesure était de mettre un terme au climat d’insécurité causé par la présence permanente de groupes de jeunes.

Selon la bourgmestre, le retour des habitants est positif. "Une évaluation sera faite à la fin de l’interdiction de rassemblement et a priori celle-ci ne devrait pas être renouvelée. Les ordonnances sont des outils de prévention mais il ne faut pas généraliser les interdictions. Il faut rester attentif également à tous les quartiers de Molenbeek et pas seulement celui-ci", déclare Françoise Schepmans.

Du côté des riverains, on craint le retour à la case départ. "La situation s’est réellement améliorée. C’est comme si on avait changé d’endroit. Le calme s’est installé dans le quartier alors qu’avant les gens avaient peur pour leurs enfants. Malheureusement, nous craignons que ça redevienne comme avant et que la situation soit à nouveau ingérable avec des jeunes qui s’accaparent le quartier", déplore une riveraine, membre du collectif d’habitants du quartier à l’origine de la demande d’interdiction.

Des inquiétudes que ne partage pas l’autorité communale. "Nous avons énormément travaillé dans le périmètre de Beekant durant ces trois mois et de nombreux projets ont été mis en place, notamment avec les habitants du quartier. Les logements sociaux ont été sécurisés et nous continuons à travailler de manière préventive", ajoute l’édile libérale.

Cependant, si la situation venait à s’aggraver après la fin de l’ordonnance, Françoise Schepmans n’exclut pas l’idée de pérenniser l’interdiction. "Si des difficultés reviennent rapidement, nous avons toujours la possibilité de prendre un arrêté d’interdiction", conclut la bourgmestre.

Sarah Nuyens