Bruxelles

Pour la première fois, la commune se fait payer Les charges d’urbanisme payées en nature.

À peu près à chaque fois qu’un bâtiment est construit ou rénové à Bruxelles, des charges d’urbanisme doivent être payées à la commune. Le principe ? Construire des bureaux, des logements ou des commerces nécessite d’offrir des infrastructures complémentaires : si des logements sont construits, la commune devra pouvoir offrir des crèches supplémentaires, par exemple. Ce sont précisément ce genre de dépenses que les charges d’urbanisme viennent donc couvrir.

À Molenbeek, pour la première fois dans l’histoire de la commune, les charges d’urbanisme vont être payées en nature. C’est dans la rue Brunfaut que tout se passe. Actuellement, une centaine de logements sont en train d’être construits à la place des anciennes imprimeries. À 50 € le mètre carré, cela représente une somme de 447.000€ de charges d’urbanisme. C’est la première fois que cette somme ne sera pas reversée à la commune mais utilisée directement par le promoteur des logements pour rénover les 1.880 m2 de la place du Cheval noir qui se trouve à quelques pas des futurs bâtiments.

L’avantage d’une telle démarche ? La facilité pour tous. Les autorités ne doivent pas faire de marché public pour la place et peuvent accélérer le processus de rénovation et elles s’assurent aussi que l’entrepreneur ne demandera pas de supplément puisque l’enveloppe est fermée.

Du côté du promoteur, il a tout intérêt à faire aussi un espace de qualité puisque la place aura une influence directe sur ses locations. "C’est d’autant plus facile que les travailleurs disposent déjà des machines nécessaires sur le chantier des logements et peuvent donc facilement entreprendre le chantier de la place du Cheval noir en même temps", explique l’échevin de l’Urbanisme, Olivier Mahy (MR).

À Molenbeek, les charges d’urbanisme sont principalement utilisées pour l’aménagement des espaces publics qui améliorent la vie de tous les citoyens et la construction, la rénovation et l’entretien des écoles. "Lorsqu’il y a un bâtiment qui permet de loger 300 habitants, en plus en une fois, il faut pouvoir rénover les écoles au plus vite pour accueillir tout le monde", complète l’échevin. La rénovation de la place du Cheval noir ne coûtera donc pas un franc à la commune.

Aménagée pour la dernière fois en 2005, elle s’était très vite dégradée. Le projet prévoit notamment de refaire le revêtement du sol, installer des bacs à fleurs, des tables de ping-pong, une balançoire et refaire l’éclairage. Sur papier, l’idée a déjà été bien accueillie par les associations et les habitants qui ont été sondés et plusieurs modifications vont être faites sur base de leurs recommandations.