Bruxelles
Plusieurs tensions ont eu lieu entre la bourgmestre et l'opposition ce mercredi.

Le nouveau conseil communal s’est installé officiellement ce mercredi à Molenbeek mais non sans accrocs, comme en témoignaient ce jeudi plusieurs témoignages sur les réseaux, principalement issus de l’opposition.

“Au début cela se passait bien. Il y a eu la désignation des échevins d’abord mais ensuite nous avons voulu déposer un point en urgence avec le PTB concernant la situation des sans-papiers qui occupent un bâtiment vide. Cela nous a été refusé et des tensions ont commencé à se faire sentir”, commence Sarah Turine, cheffe de file Ecolo. Finalement, le point a pu passer en question d’actualité, à laquelle “la bourgmestre a répondu en vitesse”, selon les Verts. Bref, ça commençait déjà mal pour ce premier conseil communal présidé par la bourgmestre Catherine Moureaux (PS).

“De plus, le public réagissait tout le temps et interagissait avec le conseil, ce qui est interdit par le règlement”, souligne la conseillère communale. En effet, les articles 13 et 14 du règlement stipulent que les interactions sont interdites entre les membres du conseil communal et du public et que celui-ci doit rester silencieux. “Bien sûr, le conseil est ouvert à tous et c’est important que les citoyens molenbeekois puissent être présents mais il faut leur expliquer les règles.”

C’est à ce moment que l’ancienne échevine a demandé une “motion d’ordre”, un terme utilisé de coutume lorsqu’un conseiller communal veut intervenir sur le fonctionnement du conseil et non sur un point à l’ordre du jour. Le but étant de souligner les deux articles du règlement et de ramener de l’ordre dans la salle. Mais la bourgmestre lui a "refusé le droit à la parole" d'après elle. “Là, j’ai explosé ! Car le règlement n’a pas changé ! Pendant six ans, les conseillers communaux ont utilisé cette motion d’ordre.”

Renseignements pris, le règlement ne fait pas mention de cette motion d’ordre. “Mais donc tout ce qui n’est pas expressément interdit est permis”, intervient Sarah Turine. Elle a donc envoyé un mail à la bourgmestre ainsi qu’au secrétaire communal afin de mettre les choses au clair. Pour le moment, elle n’a encore reçu aucune réponse. “Je ne vais pas introduire de plainte mais j’en garde la possibilité si je n’ai pas de retour ou de mea culpa.”

La bourgmestre, quant à elle, retient que "c'était un beau conseil d'installation, l'ambiance était bonne et les échevins ont été élus". Elle a aussi demandé au public à deux reprises de respecter le silence et invite les élus Ecolo à introduire leurs interpellations plus tôt à l'avenir.