Bruxelles

Sa commune en est un laboratoire qui dérange, selon lui...


BRUXELLES Le bourgmestre de la commune de Molenbeek Philippe Moureaux a fermement contesté jeudi agir avec laxisme dans la prise en charge d'un certain nombre de faits de délinquance qui se sont produits sur le territoire de sa commune. Ne masquant pas sa colère devant la presse, dont il tient une partie responsable de "mensonges" à l'encontre de Molenbeek, il a exhibé plusieurs documents destinés à démontrer le contraire.

Le bourgmestre s'était entouré pour l'occasion des responsables de la zone de police de Bruxelles ouest qui ont formellement démenti que Philippe Moureaux soit intervenu pour que les policiers ne se nourrissent pas en période de ramadan ou verbalisent moins. Au cours des derniers jours, le bourgmestre socialiste avait été pris pour cible, dans des articles de presse, pour la gestion des problèmes de délinquance dans sa commune, ici pour ne pas se montrer assez ferme face au trafic de drogue, ou pour ne pas faire appel à la réserve de police fédérale, là pour minimiser certains actes de violence ou encourager les agents de police à moins verbaliser et ne pas manger durant le ramadan.

Le chef de corps de la zone de police de Bruxelles ouest, Johan De Becker, néerlandophone, a souligné à ce sujet qu'il interdisait aux agents de manger ou de boire pendant les opérations, durant toute l'année, sans lien avec quelque motif religieux ou philosophique. Il a ajouté que durant la dernière période de ramadan les policiers avaient rédigé plus de 600 PV de plus que le mois précédent sur le territoire de la commune et près de 420 de plus que le mois suivant.

Philippe Moureaux a par ailleurs lu lui-même, devant témoins, un courrier qu'il a adressé à son chef de corps le 19 juin 2008 pour lui demander de rappeler aux policiers qu'il considérait la lutte contre la drogue comme prioritaire. Ce courrier avait été rédigé pour relayer les vives inquiétudes des riverains du carrefour formé par le boulevard Léopold II et la rue de Ribeaucourt, inquiets des agissements d'une bande de trafiquants de drogues dures en cet endroit.

Le bourgmestre de Molenbeek, a ajouté que depuis 2008, il avait pris 40 arrêtés de fermeture de commerces se livrant au trafic de drogue. Copies de courriers à l'appui, il a également dit qu'il avait fait appel a plusieurs reprises à la réserve de recrutement de la police fédérale, la police locale étant en sous-effectfs. Le chef de corps de la zone a par ailleurs souligné que tant la zone de police que la commune avaient été actives et réactives dans la gestion de faits d'agression et autres vols dont ont été victime les membres du personnel de deux sociétés implantées dans le quartier maritime, et dont une a déménagé pour des motifs d'exiguïté des lieux.

Pour le bourgmestre, les problèmes de sécurité sont constitués d'un ensemble de paramètres. Il est impossible d'en venir à bout en agissant sur un seul de ces éléments. Sans en faire le reproche au parquet "qui fait ce qu'il peut", il a encore souligné que par la force des choses, faute de place pour mettre à l'écart les auteurs de délinquance grave, la Justice faisait preuve de laxisme. "Nous sommes un symbole que beaucoup veulent détruire, celui la cohabitation avec des populations étrangères". C'est un "laboratoire qui dérange et qui continuera de déranger", a-t-il encore dit.